
Let loose the clockwork dogs. Pathological believers, faithful servants. Reduced to servomechanisms with lock-step discipline and knee-jerk obedience. Reduced to time-reckoners with Newtonian mechanics and a Promethean mandate. Polishing and decorating each ideological cage. Notch by notch, hammer by hammer, escape from freedom. Prognosis: ideologies are habits of thought that defy thought and enable people to avoid thought. Airborne contagions, communicable plagues, towing the weary down river like rudderless wrecks, and we are all sick with them.
AND WE ARE ALL SICK OF IT...
Haaaa ben voilà, comme dirait l'autre, "one, two, three, go!"
C'était trop beau. J'avais managé mon existence d'une main de plomb dans un gant de titanium. J'avais trouvé les mécanismes, le bouton OFF. J'avais frénétiquement poussé dessus des heures durant, de peur qu'un spasme ne ranime le circuit maltraîté par la cadence de mes coups.
Et au bout de quelques heures de mitraillage, plus rien...un silence noir....un vaste champ de guerre. Une terre désolée, paisible, ravagée par la souffrance. Chacune de mes larmes et chacun de mes cris de râge ont étés des salves de napalm balancées avec hargne vers chacun des points cardinaux. J'étais l'être central. Le coeur chaud et battant de ce vide environnant, ne demandant qu'à engouffrer chaque centimètre de mon être.
Après avoir rendu l'entièreté du paysage infertile, je me suis finalement assimilé à ce sable qui piquait mes pieds silencieusement. À ce vent qui transportait ce sable en soufflant, mais sans siffler. À ces cheminées rouillées, éteintes, qui parfumaient ce vent d'une saveur métalisée. À ces lierres brunâtres qui enlaçaient ces cheminées avec l'espoir macabre de rendre le paysage encore un peu plus désolé. J'ai été séduit par le silence de ce tableau...au point de parfaitement m'y fondre.
Au début, tout allait bien. Je prenais plaisir à m'aventurer dans l'ombre, à parcourir ce gigantesque terrain-vague sans le moindre espoir d'y croiser une autre âme en peine. Et bien même que, lorsque je me suis apperçu que je n'étais pas le seul à errer sur ces terres, cela ne m'a même pas surpris, rassuré ou donné la rage au ventre.
Non, j'avais simplement deviné la parrallèlité des mondes, je l'avais éffleuré du bout des cils, involontairement. Ma logique seule me menait à croire en l'existence de ces présences, ces présences dont je ne voulais pas, que je me suis efforcé à ne pas voir.
Ma logique... était-ce cette chose implaccable et insipide que j'étais devenu? Avais-je définitivement mis mon âme au vestiaire d'une vie décidément trop bousculée par les tempêtes?
Pas de quartier. Ces terres dévastées, autrefois champ de batailles, sont restées champ de bataille. Une infinité d'horizons à parcourir en m'auto-flagellant, dans le but de tanner ma peau comme le plus aguichant des cuirs. À la guerre...
Oui, au début, tout allait bien. Les feuilles ne craquaient plus sous mes pas, l'eau ne roucoulait pas sous les ricochets. Je ne percevait qu'un léger bourdonnement venant de derrière le coucher de soleil. Un bourdonnement incessant. Un bourdonnement que j'avais déja entendu auparavant.
Oui, et tout à continué à aller bien. Malgré ce bourdonnement, dont je ne m'inquiétais pas.
Tout allait bien jusqu'au jour où j'ai réalisé que ce bourdonnement était présent dans ma vie depuis des années. Il n'était rien d'autre que la fréquence de résonnance de ces tempêtes de bruit qui déchiquetaient chaque parcelle de mon cerveau avec la plus grande férocité.
Réalisant cela, c'est à cet instant précis que les images, les âmes en peine autour de moi que je sentais, le vent piquant teinté de poudre à canon m'écorchant les fossettes...tout. Tout est réapparu...
En l'espace de quelques secondes, j'ai réalisé que ces kilomètres de terre morte que je croyait au repos étaient toujours martelées par les bruits sourds de cette tempête sensorielle qu'est la vie. Ou chacun des 5 étaient mis à l'épreuve contre un 6e. Le central. L'indomptable, qui est la source de toute la vie, mais aussi de toute la destruction. Le conflit séculaire, millénaire...
Je me suis senti réemporté dans ce flux de bousculades douloureuses, mais sans plus la force de m'y débattre comme avant. Les oeillères que j'avais porté, cette surdité imposée que je me suis infligé, cette période d'endormissement charnel que j'avais connu....j'avais perdu la force de me battre.
Dans un premier temps, j'ai eu peur. Je me suis senti comme un enfant tombant au milieu d'une guerre nucléaire, nu, sans visage familier lui tenant la main. J'ai eu peur de retomber dans les abîmes les plus profonds de la souffrance.
Mais non...
Cet enfant n'était qu'un mannequin. Un pantin. Et aussi bien avais-je perdu la force de me battre, aussi bien n'avais-je même plus la motivation pour m'en faire quant à mon sort.
Alors je me suis laissé emporter par le courant...ballotté dans tous les sens par ces bombes s'écrasant tout autour de moi. Comme une poupée désarticulée se faisant arracher les membres, en souriant un peu plus à chaque coup du destin.
Oui....j'en suis arrivé au point où même la tempête n'arrive plus à atteindre mes tympans, à souiller mes yeux. Où j'arrive à la narguer, à oxider par mon propre souffle la résistance du temps, plus grand de mes ennemis dans ce conflit central.
Mais comme toute blessure endormie a son petit morceau de chair tendre et sensible, comme chaque thèse à son antithèse...j'avais moi aussi cette petite écorchure sur le palais, qui n'arrivait pas à guérire avec pour cause ma propre langue qui la flattait, qui réhumidifiait la tranchée, comme une obsession morbide et automatique.
J'avais ce petit reste de douleur, cette cloque formée au moment précis où les choses ont mal tournées: à l'instant où je suis sorti de ma première bulle sourde!
Et maintenant, cette deuxième écorchure qui vient m'obséder....les souvenirs de cette période d'errance sur ces terres que je croyais abandonnées et silencieuses, où je me croyais heureux...où je ne l'étais pas vraiment. Le suis-je maintenant? Ce temps contre lequel je me bat finira bien par me lâcher le morceau.....
Et en attendant....
...en attendant, je continuerai à te regarder droit dans les yeux et à m'incliner, non pas pour te donner victoire, mais pour garder les pieds ancrés dans la boue, pour ne pas m'éloigner de toi.
Non vraiment....vraiment ça m'attriste...
I can't wash the taste of stone away...

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