vendredi 2 janvier 2009

This engine no longer burns on wood.



You see I never thought enough of myself to realize
That losing me could mean something like the tears in your eyes
And I wanna tell you I'm sorry, and it's too late to start
But i'm going to stop pretending that I didn't break your heart



À force de fréquenter les machines, on finit par s'y identifier.


Ou plutôt, on commence à les envier...




Ou en fait un peu des deux...





I have no way of knowing where you are...




On s'y identifie, et on les envie. Enfin, je vais plutôt parler en Je. Parcequ'heureusement, je ne suis qu'un atome.


Faudrait voir à éviter l'hiver nucléaire, c'est tout.


Donc pour revenir à nos machines: je l'avoue, c'est vrai, j'ai par moments l'impression d'en devenir une. Debout, caca, manger, boulot, manger, boulot, manger, MSN, dodo... ça ne vaut pas beaucoup mieux que visser, polir, visser, souder, peindre, tordre, visser, impulser, emballer... Oui, y a les pensées, y a les souvenirs, y a les ambitions et toutes ces shits qui prennent de la place sur le disque dur, mais voilà.



Disque dur corrompu.



J'ai d'ailleurs un jour eu le problème... d'abord ça ralentissait, je me suis pas posé de question. Puis ça bloquait, mais alors solidement, Microsoft Style baby! Mais je me suis toujours pas posé de questions... et un jour POUF! L'interrupteur fou. OnOffOnOffOnOffOnOff...rien! J'avais perdu les artéfacts d'une bonne partie de ma vie. Les symboles d'une époque révolue que certaines personnes n'auraient jamais voulu connaître. Mais cette époque, c'était la mienne, la nôtre, la vôtre... Aussi incomprise et mouton noir qu'elle puisse être, c'était une page. Une page déja tournée, certe, mais une page.


Vous avez déja éprouvé de la pitié en écrasant machinalement un cafard qui vous narguait en se dandinnant fièrement et kamikazement sur votre carrelage neuf? Moi bien.


Une mélancholie qui n'a pas lieu d'être. Un regret sourd et oppressant. Tartiné à souhait de points d'interrogation au bon beurre de ferme.


Cette culpabilité qu'on peut ressentir quand on regrette d'avoir arraché une page d'un livre. Vous voyez, cette page que vous sautiez toujours en relisant l'oeuvre, tout simplement parce qu'elle vous apportait une sorte de malaise. Que ce soit parce que le rebondissement de la page 47 était téléphonné depuis le préface et que ça vous énerve. Ou encore parce que la description chirurgicale du meutre page 256 vous donne la nausée. Bref, ce mal-être qu'on ressent quand on arrache cette page froidement en se disant qu'elle n'est qu'une mauvaise passade d'un livre qui vous tiens en haleine tout son long. Tout ça parce qu'on avait besoin de papier pour noter un numéro de téléphone.



Et bien c'est autour de cette page, luisant d'un bordeau désagréable et flottant dans l'air, que je tourne en hurlant comme un hystérique depuis quelques pleines lunes. En éructant je ne sais quelles formules d'exorcisme. En me bourrant moi même les Giga et Terabytes d'une incantation démagogique qui brûlait à ma propre envie de m'effacer, de me fondre dans l'invisible, dans l'oubli.


Un monstrueux fichier .xdoc qui affichait les mots-clé de mon autodestruction, et se nourissait des bribes d'espoir survivantes dans mon esprit pour grandir encore et encore.



Elle est bel et bien arrachée cette page. Arrachée, décortiquée et tamponnée. Jugée "mauvaise" par mon bon sens.





Pourquoi Dieu est-ce que mon gestionnaire de tâches n'arrive pas à fermer l'application "remord" alors hein?

J'ai beau ctrl+alt+deleter à tout va, ctrl+f4iser de toutes mes forces, non!


L'affichage narquois du programme d'arrière plan reste là, bêtement, à tester mon impatience, à m'envoyer salves et salves de questions à la gueule!



Je devrais être content d'avoir eu cette corruption de disque, non?!


Seulement voilà, au fûr et à mesure que mon unité mère se remplit de pages grises, je constate aussi que certaines choses restent colorées. Et c'est là que ça merde. Parce qu'à l'avancement du processus, je me rend compte que ce sont les fichiers utiles qui commencent à partir de travers.



Pour pas dire en couille.



Il est déja trop tard. Mes dossiers corrompus ont pris le pas sur la carte-mère. Et au final, qu'est ce qui reste hein? Les débris semi-brûlés d'un slide-show inachevé. Juste assez jaunits que pour qu'on n'arrive pas à les regarder plus de 15 secondes sans avoir envie de vomir.



C'est tout.



J'ai été jusqu'à aller chercher dans le DOS. Remonter jusqu'à l'origine de la création, jusqu'à user d'une logique de calculs, comme sur mes feuilles de test de Math en réthos. À faire coucou à la raison, une raison qui me tourne le dos soit dit en passant.


Selon certains informaticiens, il est toujours possible de récupérer un disque, aussi corrompu qu'il ait pû être. Mais parfois, ça demande de ne garder que la coquille.



J'aimerais juste bien maintenant que quelqu'un prenne le temps de m'aider à remplire ma boite des quelques programmes de bases dont je pourrait avoir besoin. Et surtout, surtout, avant toute chose, qu'on m'aide à virer ces images qui ne partent pas, qui restent collées dans le fond de la mémoire, comme le vieux lacet sûre infâme au fond du paquet de bonbon. Celui qu'on aime pas, mais qu'on se pête le fion à essayer de faire tomber dans notre main moite en secouant le sachet, "pour pas gaspiller".




Enfin bon, pour revenir à nos moutons, j'envie les machines autant que j'ai parfois l'impression d'en devenire une. Mais il réside là le stûûût... car je n'ai pas encore choppé le bon aspect des machines. Celui qui fait qu'elles effectuent leurs calculs froids, inextriquables de leur structure cathédralesque dans laquelle se transmettent une multitudes d'informations, stériles et non-vivantes. J'envie leur manque de vie. Leur absence de vie pour être correct.



Et ça fait chier.




Ca fait chier de ne pas être capable de gérer sa mémoire. De ne garder en fin de compte que le mauvais, le pas appétissant, et, pire que tout, de ne pas pouvoir s'empêcher de feuilleter ces vieux fichiers avec une envie incontrôlable de formatage, avec une nostalgie mal placée.




Oui. Mendoksai.



Mendoksai indeed.




Parce que j'attend toujours la venue d'un software de gestion. Un CD-Rom salvateur qui me réapprendra à organiser mon TB déja trop remplis. Mon programme de nettoyage de disque. Et ce soft aura intérêt à être efficace...






...parce que, putain...









...le jour où on va défragmenter ce bordel......................................




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