lundi 16 février 2009

I watched you change into a fly



préface pour que les choses soient claires: OUI cette publication est en rapport direct avec le week-end à la con qui vient de s'écouler. Et principalement avec les trois dernières heures qui se sont montrées particulièrement rigolotes. Et par "rigolotes", j'entends "personne n'a un peu d'Arsenic en stock?"



HA! CA Y EST!


Le voilà! Le finish-him! La balle entre les deux yeux! La mine anti-personnel déguisée en colis humanitaire!



Un putain de "kikoololhihihitropdlaballeuuuuh" à la Nitroglycérine!!!



Bizarrement, ça soulage. Oui, parce que là, je commençait à m'inquiéter. Allez. Comme on dirait par chez nous quand on veut se rassurer: "ha ben on se sent vivre hein m'dame!".


Seulement là ça prend une proportion assez malsaine! Oui parce que, l'écriture automatique, ça a son bon côté, mais la semi-automatique se veut parfois plus efficace (si par "semi-automatique" on entend "je prend le temps de me relire avant de publier et de corriger les fautes de syntaxe"). Voilà d'ailleurs le meilleurs exemple de situation!



BEHOLD!



Un de ces soirs ou on se dit qu'on aurait mieux fait de rester couché. Ou alors d'aller se coucher à la seconde, sans pouvoir parcequ'on frise l'ulcer. Frank Sinatra nous hurle ses "got my best vest, all I need now is the girl" d'une voix tonitruante, sadique et déguisée en lapin rose dans les oreilles. Ho oui darling! Tout est propice à la végétation végétative de ronces grimpantes dans la région du cortex.



Si tout ce dont cet espèce d'abruti avait besoin était effectivement "the girl", alors il était bien sujet être l'objet de mon envie. Dans un monde qui m'apparaît couvert de pièges divers, parfumé au chloroforme coupé à l'essence de lame de rasoir, affichant fièrement les bannières de l'égoïsme, de l'égocentrisme, de la mégalomanie, de l'individualisme, de la mauvaise fois, j'en passe et des meilleurs, bref, dans un MDM où l'ont traîne sa VDM, j'aimerais bien simplement pouvoir me contenter "d'une girl".



Il serait temps de changer la musique là. Franky n'aura jamais autant ressemblé à du death-black-grind-metal industriel gothique à mes oreilles.



Et voilà! BOUM! Un nouveau problème s'affichant à l'écran. Couldn't retrieve soundtrack to your life. Please press Alt+F4 and contact an administrator.



Alors quoi maintenant? Vous pensez que je vais me contenter de vous observer me transpercer mécaniquement le thorax sans chercher la musique qui va avec? Oui? Non? Alors merde, aidez moi à trouver mes réponses!


Décapitez moi sur du Wagner. Éventrez moi sur du Cloclo. Immolez moi sur du I Am (oulah...pas fais exprès ce jeu de mot là). Défénestrez moi sur du Nine Inch Nails. Immasculez moi sur du Marduk. Dépecez moi sur du Abba. Torturez moi à mort sur du DJ Tiestö. Noyez moi sur du Eels. Empoisonnez moi sur du Devendra Banhart. MERDE faites quelque chose au lieu de rester là à énumérer vos cibles avec les yeux vides.


Oui effectivement, y a de ces soirs. Y a de ces soirs où votre vie semble se jeter elle même sur un lit de grenades avec une seule et unique goupille en sa possession. Une roulette Russe à l'échelle même de l'existence. Où tout atome, toute molécule existante est une agression.



Donc pour revenir à mes putains de moutons. Oui, il est sujet de mon envie. Si il suffisait d'une présence pour arrêter de capharnaüm environnant, alors ce serait comme jouer à cache-cache avec un ange, et faire tout pour volontairement ne pas le trouver.


Pourquoi j'ai l'impression d'avoir atteint un stade où j'aurais plutôt tendance à trouver la cachette du pauvre chérubin pour la remplir de béton, qu'il arrête de faire flapper ses ailes une fois pour toute et de me percer les tympans à chaque fois par la même occasion.



(oui...FLAPPER....j'invente des termes).



Non c'est bien d'un autre ressort. Il avait tout faux. Je vais pas tomber dans le délire subversif et affirmer à tort et à travers que notre vie n'est qu'une pourriture de safari où l'on ne pourrait appercevoir QUE des hyènes anorexiques, qu'on passe notre temps à scruter l'horizon pour trouver ce sens qu'on ne trouvera jamais. Je ne dirai jamais ça parce que justement je réalise que ce sens restera introuvable.

Et c'est bien ça le problème. Que chercher?


OK résumons:

- agression constante du monde
- je-m'en-foutisme et nihilisme

- pragmatisme et maturité

- agression constante du monde

- mise en exergue du fait que le monde agresse quoiqu'on adopte comme posture

- re-pragmatisme, mais plus enfantin cette fois. Dans le genre "m'en fout, j'fais ce que j'veux, maintenant je vis MA vis en cherchant MA vérité"

- mise en exergue du fait qu'il n'y a aucune vérité à trouver



C'est le PIRE moment. C'est à ce moment là que ces massues tombant dans vos alentours semblent les plus douloureuses, les plus délicieusement parsemées de pointes acérées. C'est à ce moment là que vous vous dites qu'il serait ptêt temps de vous mettre à l'abris au lieu de rester bêtement la bouche ouverte sous le déluge à essayer d'attraper ces flocons d'acide avec le bout de votre langue. Alors que vous avez déja les deux jambes brisées.


Plus question de combat, ni d'oeillères, ou de course éfreinée sous la pluie. Plus rien de tout ça.



Un douloureux mais jouissif atterrissage.



Jouissif, dans le sens où on sait enfin qu'on va pouvoir penser (faute d'orthographe?) nos blessures à l'abris, seul, à regarder la terre s'effriter dans un chaos biblique depuis le confort de notre bulle. Plus comme avant une bulle sourde, juste une chambre avec vue sur l'apocalypse et petit-déjeuner au lit.

Jouissif, pas dans un sens positif. Mais plutôt jouissif dans le sens malsain. Dans un sens "Cinéma d'horreur Japonais". Dans un sens Kubrickien. Genre la petite fille en robe d'écolière dansant autour d'un cadavre en récitant un tantra satanique.



Et voilà. Cette douloureuse prise de conscience faite, que reste t'il à faire? Survivre. Essayer de trouver cette fameuse bande-originale qui irait à ravir à votre existence déplumée. L'écouter en boucle, over and over again, jusqu'à l'arret complêt de vos cellules cérébrales. Et essayer de pas trop s'faire chier.



J'espère que vous avez pris des cartes.


Pour passer le temps, je pourrais développer plus sur ce qui m'a poussé à entamer ce cri de trop. Mais ça perdrait de son charme primitif. Après tout, les rythmiques s'éternisent mais ne se ressemblent pas, et nous auront encore le temps de redécorer ces murs ensemble, en dansant délectablement sur cette musique.



Oui. J'ai juste envie de scier à mi-chemin les pieds du tabouret sur lequel vous vous étendez, pieds pointus, pour m'aider à tout reconstruire. Comme une envie de tout auto-détruire. Parce que même quand vous prétendez flatter les terminaisons nerveuses du bonheur, vous ne faites qu'irriter un peu plus mes allergies. Mon allergie à la vie. Et c'est peut-être bien la seule chose qui arrive à effacer le "sourire" de mon "sourire narquois".


Pas bon. Pas bon du tout.

D'ailleurs. À l'image de ce ras-le-bol. À l'image de votre provocation innocente, pour changer, je m'arrêterai sec!

lundi 9 février 2009

Relinquish all that i've ever known...



Let loose the clockwork dogs. Pathological believers, faithful servants. Reduced to servomechanisms with lock-step discipline and knee-jerk obedience. Reduced to time-reckoners with Newtonian mechanics and a Promethean mandate. Polishing and decorating each ideological cage. Notch by notch, hammer by hammer, escape from freedom. Prognosis: ideologies are habits of thought that defy thought and enable people to avoid thought. Airborne contagions, communicable plagues, towing the weary down river like rudderless wrecks, and we are all sick with them.




AND WE ARE ALL SICK OF IT...




Haaaa ben voilà, comme dirait l'autre, "one, two, three, go!"




C'était trop beau. J'avais managé mon existence d'une main de plomb dans un gant de titanium. J'avais trouvé les mécanismes, le bouton OFF. J'avais frénétiquement poussé dessus des heures durant, de peur qu'un spasme ne ranime le circuit maltraîté par la cadence de mes coups.



Et au bout de quelques heures de mitraillage, plus rien...un silence noir....un vaste champ de guerre. Une terre désolée, paisible, ravagée par la souffrance. Chacune de mes larmes et chacun de mes cris de râge ont étés des salves de napalm balancées avec hargne vers chacun des points cardinaux. J'étais l'être central. Le coeur chaud et battant de ce vide environnant, ne demandant qu'à engouffrer chaque centimètre de mon être.




Après avoir rendu l'entièreté du paysage infertile, je me suis finalement assimilé à ce sable qui piquait mes pieds silencieusement. À ce vent qui transportait ce sable en soufflant, mais sans siffler. À ces cheminées rouillées, éteintes, qui parfumaient ce vent d'une saveur métalisée. À ces lierres brunâtres qui enlaçaient ces cheminées avec l'espoir macabre de rendre le paysage encore un peu plus désolé. J'ai été séduit par le silence de ce tableau...au point de parfaitement m'y fondre.




Au début, tout allait bien. Je prenais plaisir à m'aventurer dans l'ombre, à parcourir ce gigantesque terrain-vague sans le moindre espoir d'y croiser une autre âme en peine. Et bien même que, lorsque je me suis apperçu que je n'étais pas le seul à errer sur ces terres, cela ne m'a même pas surpris, rassuré ou donné la rage au ventre.




Non, j'avais simplement deviné la parrallèlité des mondes, je l'avais éffleuré du bout des cils, involontairement. Ma logique seule me menait à croire en l'existence de ces présences, ces présences dont je ne voulais pas, que je me suis efforcé à ne pas voir.




Ma logique... était-ce cette chose implaccable et insipide que j'étais devenu? Avais-je définitivement mis mon âme au vestiaire d'une vie décidément trop bousculée par les tempêtes?



Pas de quartier. Ces terres dévastées, autrefois champ de batailles, sont restées champ de bataille. Une infinité d'horizons à parcourir en m'auto-flagellant, dans le but de tanner ma peau comme le plus aguichant des cuirs. À la guerre...



Oui, au début, tout allait bien. Les feuilles ne craquaient plus sous mes pas, l'eau ne roucoulait pas sous les ricochets. Je ne percevait qu'un léger bourdonnement venant de derrière le coucher de soleil. Un bourdonnement incessant. Un bourdonnement que j'avais déja entendu auparavant.





Oui, et tout à continué à aller bien. Malgré ce bourdonnement, dont je ne m'inquiétais pas.



Tout allait bien jusqu'au jour où j'ai réalisé que ce bourdonnement était présent dans ma vie depuis des années. Il n'était rien d'autre que la fréquence de résonnance de ces tempêtes de bruit qui déchiquetaient chaque parcelle de mon cerveau avec la plus grande férocité.


Réalisant cela, c'est à cet instant précis que les images, les âmes en peine autour de moi que je sentais, le vent piquant teinté de poudre à canon m'écorchant les fossettes...tout. Tout est réapparu...




En l'espace de quelques secondes, j'ai réalisé que ces kilomètres de terre morte que je croyait au repos étaient toujours martelées par les bruits sourds de cette tempête sensorielle qu'est la vie. Ou chacun des 5 étaient mis à l'épreuve contre un 6e. Le central. L'indomptable, qui est la source de toute la vie, mais aussi de toute la destruction. Le conflit séculaire, millénaire...




Je me suis senti réemporté dans ce flux de bousculades douloureuses, mais sans plus la force de m'y débattre comme avant. Les oeillères que j'avais porté, cette surdité imposée que je me suis infligé, cette période d'endormissement charnel que j'avais connu....j'avais perdu la force de me battre.



Dans un premier temps, j'ai eu peur. Je me suis senti comme un enfant tombant au milieu d'une guerre nucléaire, nu, sans visage familier lui tenant la main. J'ai eu peur de retomber dans les abîmes les plus profonds de la souffrance.


Mais non...



Cet enfant n'était qu'un mannequin. Un pantin. Et aussi bien avais-je perdu la force de me battre, aussi bien n'avais-je même plus la motivation pour m'en faire quant à mon sort.





Alors je me suis laissé emporter par le courant...ballotté dans tous les sens par ces bombes s'écrasant tout autour de moi. Comme une poupée désarticulée se faisant arracher les membres, en souriant un peu plus à chaque coup du destin.





Oui....j'en suis arrivé au point où même la tempête n'arrive plus à atteindre mes tympans, à souiller mes yeux. Où j'arrive à la narguer, à oxider par mon propre souffle la résistance du temps, plus grand de mes ennemis dans ce conflit central.



Mais comme toute blessure endormie a son petit morceau de chair tendre et sensible, comme chaque thèse à son antithèse...j'avais moi aussi cette petite écorchure sur le palais, qui n'arrivait pas à guérire avec pour cause ma propre langue qui la flattait, qui réhumidifiait la tranchée, comme une obsession morbide et automatique.





J'avais ce petit reste de douleur, cette cloque formée au moment précis où les choses ont mal tournées: à l'instant où je suis sorti de ma première bulle sourde!







Et maintenant, cette deuxième écorchure qui vient m'obséder....les souvenirs de cette période d'errance sur ces terres que je croyais abandonnées et silencieuses, où je me croyais heureux...où je ne l'étais pas vraiment. Le suis-je maintenant? Ce temps contre lequel je me bat finira bien par me lâcher le morceau.....




Et en attendant....










...en attendant, je continuerai à te regarder droit dans les yeux et à m'incliner, non pas pour te donner victoire, mais pour garder les pieds ancrés dans la boue, pour ne pas m'éloigner de toi.








Non vraiment....vraiment ça m'attriste...














I can't wash the taste of stone away...









jeudi 29 janvier 2009

Our eyes remain closed under a shower of sunlight


Wake up, wake up
Little sparrow
Don't make your home
Out in that snow



J'aimerais croire aux chemins, à l'avenir, aux boules de cristal et aux diseuses de bonne-aventure...

C'est juste dommage que le voyage sur ce chemin rocailleux qui me précède m'a rendu incrédule, inamovible, aveugle.



Parce que oui, j'aimerais parfois envoyer chier les surprise! Je voudrais pouvoir me glisser dans l'ombre pour aller observer ce qu'il y a dans ce paquet d'images tamponnées à mon image, à notre image. Comme un enfant une nuit de 6 décembre qui marche sur la pointe des pieds pour éviter de faire grincer les marches de l'escalier...



Reste à voir si Saint-Nicolas n'apporte que des cadeaux. Je suis doûte.



Ce doûte! C'est bien ça qui me fait cracher ces mots.



Parce que oui, parfois j'aimerais avoir un polaroïde projeté quelques semaines...mois...années plus loin. Pour regarder par la fenêtre, et voir à quoi ressemblera cette rue. Voir si les hirondelles feront toujours leurs nid dans le bouleau. Observer les rides creusant les visages familiers, et se demander à quoi ressemblaient les visages qui n'avaient jamais foulé ces pavés avant que les rides les envahissent.



Je ne vais pas dire que ça en deviendrait une obsession, mais c'est comme essayer de toucher les rayons du soleil. C'est tendre la main pour toucher du bout des doigts l'horizon. C'est vouloir transformer sa vie en magnétoscope. C'est appuyer frénétiquement sur la touche >> jusqu'à ce que cette rue aie l'air agréable, jusqu'à ce que la brûme se soit dissippée et que les couleurs soient revenues. Et ne pas avoir à me demander de quelle palette de couleurs l'image sera composée...


...pour ne pas dire que j'aimerais pouvoir choisir ma palette...ta palette...tes couleurs...





...et pouvoir enfin appuyer sur la touche pause, fixer l'image lorsque ces couleurs apparaîtrons et qu'on pourra les admirer encore et encore, tel un tableau parfait. Et surtout, en espérant que personne ne fasse repartir la lecture...




Oui...et en attendant...je ne regarderai plus par la fenêtre, pour continuer à l'imaginer vide et grise...jusqu'à ce que tu vienne la repeindre. En espérant que tu vienne la repeindre...




Car tes couleurs sont les seules qui me conviennent.





vendredi 2 janvier 2009

This engine no longer burns on wood.



You see I never thought enough of myself to realize
That losing me could mean something like the tears in your eyes
And I wanna tell you I'm sorry, and it's too late to start
But i'm going to stop pretending that I didn't break your heart



À force de fréquenter les machines, on finit par s'y identifier.


Ou plutôt, on commence à les envier...




Ou en fait un peu des deux...





I have no way of knowing where you are...




On s'y identifie, et on les envie. Enfin, je vais plutôt parler en Je. Parcequ'heureusement, je ne suis qu'un atome.


Faudrait voir à éviter l'hiver nucléaire, c'est tout.


Donc pour revenir à nos machines: je l'avoue, c'est vrai, j'ai par moments l'impression d'en devenir une. Debout, caca, manger, boulot, manger, boulot, manger, MSN, dodo... ça ne vaut pas beaucoup mieux que visser, polir, visser, souder, peindre, tordre, visser, impulser, emballer... Oui, y a les pensées, y a les souvenirs, y a les ambitions et toutes ces shits qui prennent de la place sur le disque dur, mais voilà.



Disque dur corrompu.



J'ai d'ailleurs un jour eu le problème... d'abord ça ralentissait, je me suis pas posé de question. Puis ça bloquait, mais alors solidement, Microsoft Style baby! Mais je me suis toujours pas posé de questions... et un jour POUF! L'interrupteur fou. OnOffOnOffOnOffOnOff...rien! J'avais perdu les artéfacts d'une bonne partie de ma vie. Les symboles d'une époque révolue que certaines personnes n'auraient jamais voulu connaître. Mais cette époque, c'était la mienne, la nôtre, la vôtre... Aussi incomprise et mouton noir qu'elle puisse être, c'était une page. Une page déja tournée, certe, mais une page.


Vous avez déja éprouvé de la pitié en écrasant machinalement un cafard qui vous narguait en se dandinnant fièrement et kamikazement sur votre carrelage neuf? Moi bien.


Une mélancholie qui n'a pas lieu d'être. Un regret sourd et oppressant. Tartiné à souhait de points d'interrogation au bon beurre de ferme.


Cette culpabilité qu'on peut ressentir quand on regrette d'avoir arraché une page d'un livre. Vous voyez, cette page que vous sautiez toujours en relisant l'oeuvre, tout simplement parce qu'elle vous apportait une sorte de malaise. Que ce soit parce que le rebondissement de la page 47 était téléphonné depuis le préface et que ça vous énerve. Ou encore parce que la description chirurgicale du meutre page 256 vous donne la nausée. Bref, ce mal-être qu'on ressent quand on arrache cette page froidement en se disant qu'elle n'est qu'une mauvaise passade d'un livre qui vous tiens en haleine tout son long. Tout ça parce qu'on avait besoin de papier pour noter un numéro de téléphone.



Et bien c'est autour de cette page, luisant d'un bordeau désagréable et flottant dans l'air, que je tourne en hurlant comme un hystérique depuis quelques pleines lunes. En éructant je ne sais quelles formules d'exorcisme. En me bourrant moi même les Giga et Terabytes d'une incantation démagogique qui brûlait à ma propre envie de m'effacer, de me fondre dans l'invisible, dans l'oubli.


Un monstrueux fichier .xdoc qui affichait les mots-clé de mon autodestruction, et se nourissait des bribes d'espoir survivantes dans mon esprit pour grandir encore et encore.



Elle est bel et bien arrachée cette page. Arrachée, décortiquée et tamponnée. Jugée "mauvaise" par mon bon sens.





Pourquoi Dieu est-ce que mon gestionnaire de tâches n'arrive pas à fermer l'application "remord" alors hein?

J'ai beau ctrl+alt+deleter à tout va, ctrl+f4iser de toutes mes forces, non!


L'affichage narquois du programme d'arrière plan reste là, bêtement, à tester mon impatience, à m'envoyer salves et salves de questions à la gueule!



Je devrais être content d'avoir eu cette corruption de disque, non?!


Seulement voilà, au fûr et à mesure que mon unité mère se remplit de pages grises, je constate aussi que certaines choses restent colorées. Et c'est là que ça merde. Parce qu'à l'avancement du processus, je me rend compte que ce sont les fichiers utiles qui commencent à partir de travers.



Pour pas dire en couille.



Il est déja trop tard. Mes dossiers corrompus ont pris le pas sur la carte-mère. Et au final, qu'est ce qui reste hein? Les débris semi-brûlés d'un slide-show inachevé. Juste assez jaunits que pour qu'on n'arrive pas à les regarder plus de 15 secondes sans avoir envie de vomir.



C'est tout.



J'ai été jusqu'à aller chercher dans le DOS. Remonter jusqu'à l'origine de la création, jusqu'à user d'une logique de calculs, comme sur mes feuilles de test de Math en réthos. À faire coucou à la raison, une raison qui me tourne le dos soit dit en passant.


Selon certains informaticiens, il est toujours possible de récupérer un disque, aussi corrompu qu'il ait pû être. Mais parfois, ça demande de ne garder que la coquille.



J'aimerais juste bien maintenant que quelqu'un prenne le temps de m'aider à remplire ma boite des quelques programmes de bases dont je pourrait avoir besoin. Et surtout, surtout, avant toute chose, qu'on m'aide à virer ces images qui ne partent pas, qui restent collées dans le fond de la mémoire, comme le vieux lacet sûre infâme au fond du paquet de bonbon. Celui qu'on aime pas, mais qu'on se pête le fion à essayer de faire tomber dans notre main moite en secouant le sachet, "pour pas gaspiller".




Enfin bon, pour revenir à nos moutons, j'envie les machines autant que j'ai parfois l'impression d'en devenire une. Mais il réside là le stûûût... car je n'ai pas encore choppé le bon aspect des machines. Celui qui fait qu'elles effectuent leurs calculs froids, inextriquables de leur structure cathédralesque dans laquelle se transmettent une multitudes d'informations, stériles et non-vivantes. J'envie leur manque de vie. Leur absence de vie pour être correct.



Et ça fait chier.




Ca fait chier de ne pas être capable de gérer sa mémoire. De ne garder en fin de compte que le mauvais, le pas appétissant, et, pire que tout, de ne pas pouvoir s'empêcher de feuilleter ces vieux fichiers avec une envie incontrôlable de formatage, avec une nostalgie mal placée.




Oui. Mendoksai.



Mendoksai indeed.




Parce que j'attend toujours la venue d'un software de gestion. Un CD-Rom salvateur qui me réapprendra à organiser mon TB déja trop remplis. Mon programme de nettoyage de disque. Et ce soft aura intérêt à être efficace...






...parce que, putain...









...le jour où on va défragmenter ce bordel......................................