mercredi 3 décembre 2008

Shepherd's pie... Yummy?!



What's the deal with my brain?
Why am I so obviously insane?
In a perfect situation
I let love down the drain.



Pourquoi toujours être obsédé par l'horizon?



BON!


L'éternelle question à deux balles quand on a les neurones qui pétillent et que les doigts se mettent à tapotter sur l'Azerty: À quelle personne je vais adresser ce texte?


À la première? Trop banal, pas assez subtil...

À la deuxième? Trop émotionnel, trop "cliché"

La troisième? Beaucoup trop mathématique et froid!


Et je ne développerai même pas le pluriel!!!!


Alors quoi bordel? (aussi connu comme AQB, l'équivalent Français du fameux WTF)




BREF!



Ne criez pas de suite à la simple question sans queue ni tête et qui ne sert à rien sinon à faire une tentative éhontée de sonner "intellectuel"



C'est juste qu'il y en a sérieusement marre!!!



On lime de partout. On arrondit les bouts. On recouvre les coins de cahoutchouc protecteur. On poli. On soude. On fabrique de jolis artéfacts insipides et sécurisants....


Un jour peut-être, les scientifiques les plus érudits de la planète trouveront un moyen de donner aux océans une couleur "terre sabloneuse" ou, pire encore, donner à nos champs et forêts une couleur "océane". Et au risque de tomber dans le Kubriquesque, avec un peu de pot, on se retrouvera sur une planète goudronnée de toute part à se baigner dans une mer tout aussi peu poétique, d'une couleur que stylistes et autres mages de la cosmétique se plaîront à dénomer "vert-de-gris"...


MON CUL....on parle de gris-de-chez-gris-de-pas-pour-rire ici!


J'ai toujours voulu éviter de pousser ma gueulante sur le fait que "haaaan le monde craint paskil est vraiment pas original et que tout le monde il fait le mouton", parce que bon, ma période Punk est passée. Puis en achetant mes jeans chez Celio et en ayant succombé à la mode qui impose un mode de vie feng-shuikea/sushi pour faire sophistiqué, ce serait plutôt hypocrite...



Toujours est-il qu'il y a des jours où ce troupeau me rend malade! Mais VRAIMENT malade! Malade comme dans "je vomis ma vésicule biliaire"!!



Ok, je veux bien admettre, tous les goûts sont dans la nature. Ok, oui, la tolérance est une vertu noble et enrichissante. Mais bon, y a des limites...


J'aurais bien voulu vous y voir si les Yankees avaient refusé de botter le cul à Adolphe au nom de la tolérance et de la liberté de pensée!



Parce que là ça prend des proportions Dantesques, et je vais pas y aller de mon petit listing inventaire, ou je risque d'attraper des cloches aux doigts (ou plutôt des doigts à mes cloches) mais...bon...y a aimer et aimer!


On aime le RnB parce que la vibez est flex dans la groovedown du dancefloor, la techno parce que l'alternance basse-"charley" propose une rythmique aisée à assimiler pour le jump ou la tektonik sans risquer de se viander (même si on a l'aisance d'un otarie), le pop-rock parce que les mélodies catchy nous rendent heureux les jours où on est tout sauf ce que l'on aimerait être, et qu'en plus de ça les paroles sont pleines d'optimisme et les refrains faciles à mémoriser, les slows parce que ça nous permet d'enrouler facile, le néo-black-metal scandinave parcequ'il y a beaucoup de "FUCK" dans les lyrics et que ça fait rebel auprès de Mamy et qu'en plus de ça, la cacophonie produite par nos écouteurs surpasse celle du voisin hip-hopeux dans le bus "juste paskeçalfaitchier l'rappeur", le free-jazz parce que ça fait très sophistiqué à écouter dans la voiture quand on fais BoB pour des amis, le hip-hop parce qu'écouter ça implique qu'on est quelqu'un de dangereux qui takes no shit from anyone dans ta benz benz benz et que ça attire les filles un peu voyantes, etc...


On regarde des comédies parce que c'est la seule façon qu'on aie de sourire quand on vient de se faire jarter par son(sa) copain(ine), des drames pour feindre quelques larmes au cinéma pour A) enrouler la fille à côté de sois en se faisant passer pour un mec sensible / B) enrouler le mec à côté de sois en se jettant dans ses bras au moment le plus triste du film, des films d'horreur pour CFR Drames, des documentaires pour avoir des anécdotes croustillantes sur la migration des poulpes Portuguaises vers les Açores, idéal à placer en plein dîner mondain pour avoir l'air de quelqu'un de cultivé, etc...


On largue son copain sous prétexte qu'il n'est pas assez attentionné ou démonstratif sans prendre le putain de temps d'analyser la situation un peu plus en profondeur et de vraiment prendre en compte ce qui est réellement important. Et au final, on finit par le remplacer par le premier abruti venu, après s'être fait manipuler comme un putain de joystick SNes, abruti qui HEUREUSEMENT, nous apporte ces susmentionnées (ou pas...) valeurs superficielles que nous recherchions. Qui d'un "ôh mais comme tu es sexy dans mon maillot de basket-ball", qui d'un bisou dans le cou accompagné d'un mot doux à la fin du slow, qui d'une putaine de rose mensuelle qui prouve à quel point on pense à elle. Il est pourtant EVIDENT que si on glisse le bisou dans le cou 14 secondes après la fin du slow, que si durant un mois de fatigue ou de stress on est un peu moins attentionné, que si on ne place pas LE compliment idéal AU BON MOMENT Chronomêtré avec montre Suisse, BREF, il est évident qu'à une telle bourde, c'est la preuve irréfutable qu'on n'aime pas du tout la personne!


MAIS BORDEL DE MERDE!!!!


Et les sacrifices? Et les nuits blanches? Et les aides diverses pour des choses pas spécialement romantiques ou dignes de Titanic mais qui étaient bienvenues sur le moment? Et les gestes un peu moins évidents, les signes un peu plus subtiles? Ca vaut pour de la fiente de hyène?


Bon OK, ce sont mes valeurs, et je suis sur que 90% des gens me diront que j'exagère, que "ce qui est important pour moi ne l'est pas nécéssairement pour quelqu'un d'autre" blaaaablabla! OK, j'admet.


Mais quand même.


Je suis peut-être le dernier des cons, et je veux bien signer en bas du papier pour le reconnaître. Mais quand même... mes valeurs ne sont pas universelles mais y a des jours où je me demande si les gens se surprennent parfois à ENVISAGER de PEUT-ÊTRE EVENTUELLEMENT UN JOUR après MOULTES REFLEXIONS gratter la couche dure, brûlée et pas hyper ragoutante qui recouvre la crême aux oeufs pour voir ce qu'il y a en dessous!



On pourrait croire que voila, ce qui a commencé comme un coup de gueule générale tourne en vieux coup de rancune envers une expérience passée (et ce serait bien légitime de le croire), mais en fait non.



Tout comme Robert, j'illustre.

J'illustre avec beaucoup d'amertume le Petit Larousse de la superficialité, de la simplicité omniprésente, du goût pour l'insipide, de la culture de la surface.
Le bonheur à la porté des caniches. Les émotions entre guillemets faciles. La beauté évidente. Les engrenages froids de la logique d'un plaisir décérébré et sans goût, cyclique, redondant.
Le Septième Ciel préfabriqué, préliophilisé, préemballé, prémaché, prédigéré, prédéfèqué, prétorché, préchassé, prérecyclé, précartonné, préemballage, préfabriqué, préliophilisé, préemballé...et ça peut continuer très longtemps.
Votre putain de sourire manufacturé par une poigné de spéculateurs boursiers, de responsables marketings et de deux trois gérants de succursale. Le tout fistfucké à sec dans votre conscience, sans broncher. Vous voilà trademarké.
L'emballage emballé!!!!!!


Encore une fois, je me répète:

- NON, je ne fais pas exception. OUI, je cède à MacDonald's, Starbucks, Kinepolis Group, Japanophilie, MMORPG, Industrie du disque et consorts. Je ne pète pas plus haut que mon cul et ne prétend pas être mieux que les gens.

- OUI, je sais: crier très fort que les gens autour de nous sont un troupeaux de requins frayants dans les gris pâturages pour se repaitre de profits, de villas à la mer, de labradors et de téléfilms du Dimanche, être scandalisé par cette tendance à suivre la masse n'est qu'une façon en soit de suivre une masse, plus petite certe, mais une masse quand même. Une masse de frustrés pseudo-révoltés et anarchiques de salon qui n'a de contres-idéaux que pour se donner un genre.



Je sais. Mais au moins, j'essaie de gratter la croûte. Et comme toute croûte qu'on gratte, ça saigne.


Certains penseront que ce sont justement les plaisirs simples qui nous permettent d'atteindre ce putain de Nirvana. Et avec ça, je suis d'accord!

Alors pourquoi essayer à tout prix de plonger dans des abysses interminables de raisonnements sans fin, de touche-à-toutisme maladif, de pseudo-révolte pseudo-dépressive pseudo-intellectuelle?



Et bien ça j'ai réalisé il y a peu. Oui, très peu.


Après une nuit agitée peuplée des habituelles chimères et animée des rituels remoux ancestraux, après un café-bus 820-bus 84-derniers instants de paix dans le vestiaire, après moultes "et si", il a suffit d'une chose! Une effluve... une senteur... un simple amas d'atomes venant effleurer mon système nerveux endolori et fatigué.


Et là (comme souvent), le déclic. Un déclic de plus qui me permet de m'approcher de mon idéal à moi. Celui que tout le monde redoute, dont personne n'arrive à apprécier la réelle valeur.



Parce qu'après tout, suivre le chemin est ennuyeux, oui. Mais il ne faut pas croire, s'aventurer dans les hors-pistes brousailleux n'est peut-être pas aussi répétitif que la voie balisée, mais c'est solidement déprimant et déstabilisant. Et puis voilà, cette fameuse effluve salvatrice, rédemptrice, on peut y aller de tous les synonymes.... et voila.



Voilà le panneau... ce petit plan balisé. Ce chemin goudronné parsemé de bancs et autres aires de repos, qui suit une trajectoire bien souvent droite, parfois courbe. Cette route qui nous tend l'alternative du chemin boueux à intervalles réguliers, fébrilement, avec l'arrogance d'un enfant en plein complexe d'Oedipe qui défie son parent du même sexe. Ce tracé qui s'écoule comme un courant électrique et qui nous laisse le choix d'être bipolaire ou triphasé, de parfois sauter les plombs, au mieux de se décharger sur une paire de doigts insouciants, mais de toujours revenir nager dans le juste flux des choses. Ces pas que l'ont fait en regardant l'horizon, mais sans jamais perdre du coin de l'oeil les quelques bâtisses qui longent la route, en ruines ou non.



Parce que ce n'est qu'en prenant régulièrement le temps d'analyser l'alignage des bouleaux par rapport à l'asphalte, ce n'est qu'en observant la qualité du ciment qui consolide les maisons mitoyennes, en se penchant au puit pour aller en relever l'état de sècheresse et se demander ce qui a bien pû faire qu'il soit vide une saison trop tôt...


Ce n'est qu'en balayant du pied les feuilles mortes qui jonchent la route pour en jauger la qualité du goudron qu'on se surprend de temps en temps à apprécier la légère brise qui nous parcours alors les nervures de la peau...



...et à regarder bien en face le soleil qui nous brûle l'iris...





Vous voulez toujours crier au révolté hystérique sans aucun argument?


Be my guest. You want fries with that?


C'était d'ailleurs mon but.


Je suis d'ailleurs même certain que vous n'êtes plus là.


Mais ce n'est rien...





Je serai le premier à vous pointer du doigt le jour où vous crierez. Je serai à vos côtés, lorgnant sarcastiquement sur vos tripes fraîchement régurgitées, baignant dans la révolte.




Je serai là, feignant la compassion...



...arborant mes chaussures de marques et ma gueule de Che sans barbe...



...crachant à votre face ma démesure et mon incompréhension pour encore mieux vous déstabiliser.








Ha ben là ça va mieux tiens. Merci, j'en reprendrai bien une tranche demain.


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