mardi 9 décembre 2008

--- 42nd floor ---




These toys are all lifeless
The armor's worn off
The shadow of a shadow
Is the ghost of a bomb
Skyscraper standing
In a desert alone
A helicopter searchlight
Is searching for no-one





C'est une chose qui arrive.


(Mal)Heureusment...




Aux autres? Je ne sais pas.




Mais à moi bien. Comme si l'apathie ne suffisait pas.






Il faut dire que c'est particulièrement énervant, frustrant, et, n'ayons pas peur des mots, effrayant de voir les visages disparaitre. On regarde par dessus son épaule en s'attendant à voir un long couloir parsemé d'images. Des sourirs, des sensations, des endroits...


Puis on se retourne, et rien! Le couloir est là, les murs sont peints en diverses couleurs vives, les cadres sont là, la luminosité est digne d'un musée de cire, mais non. Il semblerait que la cire aie fondu et qu'elle se soit volontairement mélangé aux pixels et alternances chromatiques des images.




Et le résultat n'est pas beau à voir.




On pourrait appeler ça de différentes façons. Le syndrôme du Facebook traître? Le skyblog diabolique? Le Lumix FS-3 qui tue?




De nos jours ça fait scientifique à donf d'appeler une connerie "syndrôme". Celui de la jambe sans repos, celui de Stockholm, de l'X fragile, du bébé secoué, de Marfan, d'Asperger....j'en passe.




Comme j'ai tendance à dire souvent, BREF!



Qu'on appelle ça syndrôme, symptôme, maladie ou [insérer adjectif médical et scalpelique froid ici], pas la peine de pêter dans la soie et d'essayer de romantiser ça, C'EST VRAIMENT LOURD!




On se tisse une existence de combat, de déceptions, de reprise de confiance, d'acceptation, de remise en question, d'expériences, de concessions, de résignation, d'abnégation, et tout ça pour quoi? Pour ne laisser derrière sois qu'un musée de cire au soleil?




"Oui mais ce sont les souvenirs qui comptent" qu'ils ont tous tendance à dire.




Oulah.



Si je dois regarder derrière moi et ne chaque fois laisser qu'un amas de bougies colorées usagées, je vais finir par me mettre à chercher une façon de tailler mes souvenirs au marteau et au burin dans la roche plutôt que de les modeler dans une matière friable.





Bon allez, c'est bien de vouloir s'exprimer comme une chanson de Country mais y a des limites. Laissons de côté les analogies à deux balles et le dictionnaire de mots moyen-âgeux de côté juste ce soir. Essayons de rester pragmatiques et d'être clair.




En temps normal, feuilletter ses albums photos poussiéreux, c'est bien. Je dirais même plus mon cher Dupont, ceylebien! Mais là, je me suis rendu compte qu'il y a comme ça (oui je sais, le "comme ça" était inutile et Belgiciste, mais on s'en fout) des soirs où les choses ne sont pas aussi simples.



Il n'aura pas fallu bien plus qu'un visage familier. Un peu trop familier et à la fois pas assez. Un conflit entre la raison et les faits. Et c'est là que tout a dû partir en cojones.



Evidemment, d'un côté, ma raison, ma logique et toutes ces choses ennuyeuses me sifflaient à l'oreille que OUI, ton visage était familier. Evidemment qu'il l'était. Il a été mon quotidien plus d'une 482aine de jours.


Et à côté de ça, dans cette foire malvenue que peut devenir le lobe frontal de mon cerveau les soirs de grande débacle, une petite voix persistait à crier. Elle me hurlait que tes traits n'éveillaient pas en elle plus qu'un léger point d'interrogation.



J'ai pesé le pour et le contre, j'ai voulu suivre la logique, mais rien à faire. J'avais beau analyser les traits de ton visage, mesurer l'inclinaison de tes cils par rapport à la perpendicularité de ton sourire, effleurer les différences de pigmentation de tes fossettes de mes yeux, rien.




RIEN.



La chaleur avait disparu. La froideur aussi. Les échos de tes pleurs et tes rires avaient laissé place à une bouillabaisse imprécise de formes et de couleurs.


Pour être précis, l'image était la même que dans mes souvenirs, ou plutôt dans ce que ma mémoire m'envoyait comme information sur l'image que j'aurais dû avoir. Mais malgré celà, ce n'est pas toi que j'avais l'impression de voir.



Je te regardais sans te regarder. J'essayais de me prouver que mon esprit me jouait des tours, de me souvenir de quelconque anécdote croustillante sur nos interactions journalières, et anécdotes il y eût. Mais tout comme les images, les faits étaient flous. Clairs, mais flous.



J'avais l'impression que mon esprit, quoique plus lucide qu'à l'habitude, s'efforçait à gruer seul dans une mer sourde d'images et de sons, essayant tous de se surpasser les uns les autres, pour au final ne plus donner qu'une cacophonie dégueulasse.








Et au final qu'est ce que je peux vraiment retenir de cette histoire? Une impression de t'avoir connue puis oubliée? De ne t'avoir jamais connue? De te connaître mieux que jamais? De n'avoir jamais essayé de te connaître? Ou d'en avoir trop fait?




J'ai beau fixer, rien ne réapparaît. Je ne m'attend pas à la multiplication des pains ou à l'apparition de Sainte-Gertrude des Batignolles sur la Grand Place, un simple frisson m'électrocutant la collonne me suffirait.


Ôh oui, cela me suffirait grandement.




Parce que quoiqu'on fasse, au final, le résultat est le même. On peste sur tout et rien, on joue notre Don Quichotte et déplore la faculté des gens d'oublier les gens, on est nausées et dégouts, mais on ne vaut pas mieux. Avec la meilleur volonté du monde, on finit par se rabaisser au niveau de tout ce qu'on exècre.



Et pourtant, tu n'imagine pas le bien que cela pourraît me faire d'avoir réminiscence, ne fût ce que de la plus petite étincelle du passé. Le feu est éteint et les braises dispersées, et ce n'est pas plus mal comme ça. Mais si tu pouvais rebriller ne fût ce que l'espace d'une seconde, comme une étoile agonisante poussant sa dernière éruption de lave afin de se montrer une dernière fois dans un ciel arborant de moins en moins d'astres, cela m'arrangerait. Cela me donnerait une certaine motivation à me lever demain.






Demain.






Comment encore arriver à comprendre ce mot. Hier était une pile d'images. Aujourd'hui n'est qu'une impulsion nerveuse, un spasme. Demain est une boite vide, une ligne de code pas encore encodée.




Comment voulez-vous encoder le scénario de demain si l'impulsion nerveuse d'aujourd'hui se fait de plus en plus faiblarde à cause des images d'hier perdant de leur clareté et de leur rayonnement?





Alors je t'en supplie. Soit électro-cardiogramme. Ho, je ne te demande pas de crier. Ni même de réapparaître devant moi. Je ne te demande pas de te manifester de la moindre façon, seulement de refaire surface dans ces archives. Mes archives. Tu pourra repartir tout aussi sec. D'ailleurs, je ne voudrais même pas que tu reste.




Non, rester ferait à nouveau durcir les couleurs, mais cette fois, le mur risque bien d'être dominé de pourpre. Alors contente toi d'apparaître brièvement. Comme un diable sortant d'une boite.



Gifle moi de toute ta puissance.




Fais moi mal!




Fais moi saigner, et embrasse ma plaie.




Puis disparaît, pour de bon cette fois.






Au moins, le matin, je pourrai poser le pieds. Pas simplement le lancer dans le vide en me demandant chaque fois si il va croiser le fer avec ce sol en vinyl laqué...ou non.



Au moins, je saurai pourquoi je me bats.



Au moins, je me souviendrai du pourquoi du comment.





Parce que là, tout est aussi vide que ta photo. Plus aucun discernement, du bon, du mauvais. Plus qu'une pâte chromatiquement indéfinissable.




Allez s'il te plaît. Arrête de sourire comme ça! Tu sais que ce sourire me fend le coeur. Stoppe ça de suite. Tu es peut-être belle, mais tu n'en est pas moins sourde et inexistante. Du moins maintenant.

Je ne te demande pas de faire revenir la couleur. Je te demande juste de les réassembler de façon logique afin que je puisse y voir quelque chose.




Une chose à la fois. Réassemblons d'abord les images. Photoshoppons les souvenirs. Repixelisons les pour y voir clair.




Et seulement après, j'aurai la paix. Ou un semblant de paix.






Ou du moins, je pourrai enfin verser une larme, esquisser un sourire.












Et en fin de compte, à qui est-ce que je m'adresse moi?








Et qu'est ce que je fous là? Où sont passés les verres de whisky et la musique?








Et qu'est ce que c'est que cette vieille photo jaunie? Oui d'accord elle est attirante, mais bon, ça va pas ramener ma bibine.










Quelqu'un comprend quoique ce soit?










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