mardi 9 décembre 2008

--- 42nd floor ---




These toys are all lifeless
The armor's worn off
The shadow of a shadow
Is the ghost of a bomb
Skyscraper standing
In a desert alone
A helicopter searchlight
Is searching for no-one





C'est une chose qui arrive.


(Mal)Heureusment...




Aux autres? Je ne sais pas.




Mais à moi bien. Comme si l'apathie ne suffisait pas.






Il faut dire que c'est particulièrement énervant, frustrant, et, n'ayons pas peur des mots, effrayant de voir les visages disparaitre. On regarde par dessus son épaule en s'attendant à voir un long couloir parsemé d'images. Des sourirs, des sensations, des endroits...


Puis on se retourne, et rien! Le couloir est là, les murs sont peints en diverses couleurs vives, les cadres sont là, la luminosité est digne d'un musée de cire, mais non. Il semblerait que la cire aie fondu et qu'elle se soit volontairement mélangé aux pixels et alternances chromatiques des images.




Et le résultat n'est pas beau à voir.




On pourrait appeler ça de différentes façons. Le syndrôme du Facebook traître? Le skyblog diabolique? Le Lumix FS-3 qui tue?




De nos jours ça fait scientifique à donf d'appeler une connerie "syndrôme". Celui de la jambe sans repos, celui de Stockholm, de l'X fragile, du bébé secoué, de Marfan, d'Asperger....j'en passe.




Comme j'ai tendance à dire souvent, BREF!



Qu'on appelle ça syndrôme, symptôme, maladie ou [insérer adjectif médical et scalpelique froid ici], pas la peine de pêter dans la soie et d'essayer de romantiser ça, C'EST VRAIMENT LOURD!




On se tisse une existence de combat, de déceptions, de reprise de confiance, d'acceptation, de remise en question, d'expériences, de concessions, de résignation, d'abnégation, et tout ça pour quoi? Pour ne laisser derrière sois qu'un musée de cire au soleil?




"Oui mais ce sont les souvenirs qui comptent" qu'ils ont tous tendance à dire.




Oulah.



Si je dois regarder derrière moi et ne chaque fois laisser qu'un amas de bougies colorées usagées, je vais finir par me mettre à chercher une façon de tailler mes souvenirs au marteau et au burin dans la roche plutôt que de les modeler dans une matière friable.





Bon allez, c'est bien de vouloir s'exprimer comme une chanson de Country mais y a des limites. Laissons de côté les analogies à deux balles et le dictionnaire de mots moyen-âgeux de côté juste ce soir. Essayons de rester pragmatiques et d'être clair.




En temps normal, feuilletter ses albums photos poussiéreux, c'est bien. Je dirais même plus mon cher Dupont, ceylebien! Mais là, je me suis rendu compte qu'il y a comme ça (oui je sais, le "comme ça" était inutile et Belgiciste, mais on s'en fout) des soirs où les choses ne sont pas aussi simples.



Il n'aura pas fallu bien plus qu'un visage familier. Un peu trop familier et à la fois pas assez. Un conflit entre la raison et les faits. Et c'est là que tout a dû partir en cojones.



Evidemment, d'un côté, ma raison, ma logique et toutes ces choses ennuyeuses me sifflaient à l'oreille que OUI, ton visage était familier. Evidemment qu'il l'était. Il a été mon quotidien plus d'une 482aine de jours.


Et à côté de ça, dans cette foire malvenue que peut devenir le lobe frontal de mon cerveau les soirs de grande débacle, une petite voix persistait à crier. Elle me hurlait que tes traits n'éveillaient pas en elle plus qu'un léger point d'interrogation.



J'ai pesé le pour et le contre, j'ai voulu suivre la logique, mais rien à faire. J'avais beau analyser les traits de ton visage, mesurer l'inclinaison de tes cils par rapport à la perpendicularité de ton sourire, effleurer les différences de pigmentation de tes fossettes de mes yeux, rien.




RIEN.



La chaleur avait disparu. La froideur aussi. Les échos de tes pleurs et tes rires avaient laissé place à une bouillabaisse imprécise de formes et de couleurs.


Pour être précis, l'image était la même que dans mes souvenirs, ou plutôt dans ce que ma mémoire m'envoyait comme information sur l'image que j'aurais dû avoir. Mais malgré celà, ce n'est pas toi que j'avais l'impression de voir.



Je te regardais sans te regarder. J'essayais de me prouver que mon esprit me jouait des tours, de me souvenir de quelconque anécdote croustillante sur nos interactions journalières, et anécdotes il y eût. Mais tout comme les images, les faits étaient flous. Clairs, mais flous.



J'avais l'impression que mon esprit, quoique plus lucide qu'à l'habitude, s'efforçait à gruer seul dans une mer sourde d'images et de sons, essayant tous de se surpasser les uns les autres, pour au final ne plus donner qu'une cacophonie dégueulasse.








Et au final qu'est ce que je peux vraiment retenir de cette histoire? Une impression de t'avoir connue puis oubliée? De ne t'avoir jamais connue? De te connaître mieux que jamais? De n'avoir jamais essayé de te connaître? Ou d'en avoir trop fait?




J'ai beau fixer, rien ne réapparaît. Je ne m'attend pas à la multiplication des pains ou à l'apparition de Sainte-Gertrude des Batignolles sur la Grand Place, un simple frisson m'électrocutant la collonne me suffirait.


Ôh oui, cela me suffirait grandement.




Parce que quoiqu'on fasse, au final, le résultat est le même. On peste sur tout et rien, on joue notre Don Quichotte et déplore la faculté des gens d'oublier les gens, on est nausées et dégouts, mais on ne vaut pas mieux. Avec la meilleur volonté du monde, on finit par se rabaisser au niveau de tout ce qu'on exècre.



Et pourtant, tu n'imagine pas le bien que cela pourraît me faire d'avoir réminiscence, ne fût ce que de la plus petite étincelle du passé. Le feu est éteint et les braises dispersées, et ce n'est pas plus mal comme ça. Mais si tu pouvais rebriller ne fût ce que l'espace d'une seconde, comme une étoile agonisante poussant sa dernière éruption de lave afin de se montrer une dernière fois dans un ciel arborant de moins en moins d'astres, cela m'arrangerait. Cela me donnerait une certaine motivation à me lever demain.






Demain.






Comment encore arriver à comprendre ce mot. Hier était une pile d'images. Aujourd'hui n'est qu'une impulsion nerveuse, un spasme. Demain est une boite vide, une ligne de code pas encore encodée.




Comment voulez-vous encoder le scénario de demain si l'impulsion nerveuse d'aujourd'hui se fait de plus en plus faiblarde à cause des images d'hier perdant de leur clareté et de leur rayonnement?





Alors je t'en supplie. Soit électro-cardiogramme. Ho, je ne te demande pas de crier. Ni même de réapparaître devant moi. Je ne te demande pas de te manifester de la moindre façon, seulement de refaire surface dans ces archives. Mes archives. Tu pourra repartir tout aussi sec. D'ailleurs, je ne voudrais même pas que tu reste.




Non, rester ferait à nouveau durcir les couleurs, mais cette fois, le mur risque bien d'être dominé de pourpre. Alors contente toi d'apparaître brièvement. Comme un diable sortant d'une boite.



Gifle moi de toute ta puissance.




Fais moi mal!




Fais moi saigner, et embrasse ma plaie.




Puis disparaît, pour de bon cette fois.






Au moins, le matin, je pourrai poser le pieds. Pas simplement le lancer dans le vide en me demandant chaque fois si il va croiser le fer avec ce sol en vinyl laqué...ou non.



Au moins, je saurai pourquoi je me bats.



Au moins, je me souviendrai du pourquoi du comment.





Parce que là, tout est aussi vide que ta photo. Plus aucun discernement, du bon, du mauvais. Plus qu'une pâte chromatiquement indéfinissable.




Allez s'il te plaît. Arrête de sourire comme ça! Tu sais que ce sourire me fend le coeur. Stoppe ça de suite. Tu es peut-être belle, mais tu n'en est pas moins sourde et inexistante. Du moins maintenant.

Je ne te demande pas de faire revenir la couleur. Je te demande juste de les réassembler de façon logique afin que je puisse y voir quelque chose.




Une chose à la fois. Réassemblons d'abord les images. Photoshoppons les souvenirs. Repixelisons les pour y voir clair.




Et seulement après, j'aurai la paix. Ou un semblant de paix.






Ou du moins, je pourrai enfin verser une larme, esquisser un sourire.












Et en fin de compte, à qui est-ce que je m'adresse moi?








Et qu'est ce que je fous là? Où sont passés les verres de whisky et la musique?








Et qu'est ce que c'est que cette vieille photo jaunie? Oui d'accord elle est attirante, mais bon, ça va pas ramener ma bibine.










Quelqu'un comprend quoique ce soit?










vendredi 5 décembre 2008

Get some other diamond sparkling




And the neck her head's on is a tunnel of dawn
But darkness will come
But darkness will come
For sure, it's gonna come



Un jour, je serai rationnel. Rationnel et un peu con.


Un jour, tu n'aura plus aucune raison de me balancer à la figure tous ces cocktails-molotovs de mots acidulés qui affichent fièrement l'étiquette Copyrightée de ton nonsens.


Ca me rappelle la fois où tu avais décidé qu'il était temps qu'on reprenne les choses où on les avait laissées. Belle erreur de ta part. Tu n'avais probablement pas remarqué que les trous dans la route n'avaient pas encore été repavés par les ouvriers communautaires. Je pense même d'ailleurs que tu t'es toi-même servie de cesdits pavés pour exploser sans la moindre vergogne les vitraux que je t'avais fait composer.


Tu sais, ces vitraux couleur pourpre et haine. Ceux qui laissaient à peine transparaître la lumière la plus vive. Ceux qui à la base avaient été dessinés pour devenir des magnifiques oeuvres d'art lumineuses et pleines d'étoiles, et qui au fûr et à mesure de notre combat se sont transformés en portes sombres dignes d'un petit enfer personnel. Pas l'Enfer avec un E majuscule, mon enfer.


Au moins, l'Enfer, celui dont parle la Bible, cet Enfer là est chaud et vivant. Au moins, on y ressent haine, souffrance et rancoeur. Je voudrais bien voir le Linceul du Christ se retourner dans sa tombe si je devais d'une façon où d'une autre remplacer l'Enfer par MON enfer. Celui où rien n'est ressenti. Où on ne ressent ni brûlure, ni carresse divine.


Mais bon, je m'écarte du sujet, je m'écarte de notre guerre.



Je ne sais pas ce qui m'a pris le jour où j'ai décidé de te faire un cadeau d'une telle ampleur. Par moments, je me demande même comment j'arrive encore à me regarder dans un miroir de t'avoir offert ces perles liquides et ô combien précieuses à TOI. Tu devais être dans un de tes bons jours. Tu devais m'avoir couvert de miel et caressé mes sens d'appâts.


Pas même le moindre appât empoisonné. Non. Des appâts. Ce que les vers sont au poisson et à la canne à pêche.


Seulement j'ai un doûte. Mais alors un solide! Durant cette espèce d'erreur, de manifestation de médiocrité qu'étaient chacune des secondes qu'on passait ensemble, étais-je bien le poisson? Où alors étais-je l'appât? Celui qu'on perce mécaniquement, sans aucune envie de faire souffrir, d'un coup sec d'hameçon. Celui qui n'est qu'une étape dans le rituel de pêche.


Une chose ne laisse pas l'ombre d'un doûte, tu étais bien la canne.


Oui, j'étais l'appât. J'étais moi même l'appât avec lequel tu t'es amusé à carresser mes sens. J'étais l'instrument de ma propre perte, le AK-47 pointé sur mon sternum, avec comme principale poudre à canon tes mots acidulés et tes airs angéliques.



Cela était évident, le jour où tu m'a abandonné dans ce trou noir au dessus duquel je flottait déja depuis des années, ce jour maudit où tu a détaché mes doigts un-à-un de la maigre branche à laquelle je m'agrippait, en te gaussant de façon vomitive, ce moment aurait dû être ton dernier coup de feu.



Mais non.



Comme toujours, il y a un "mais non".



Et ici intervient le "mais non".



Donc non, ce ne le fût pas le dernier coup de feu. Tu avais juste détourné mes yeux de la situation pour un petit temps. Juste le temps que mes doigts gourds puisent suffisament de force pour me tirer en rampant du gouffre béant dans lequel j'étais tombé, sans même arriver à exprimer la moindre anxiété quant à l'avenir et à la conséquence de ma chute. Juste en pleurant. Comme un nouveau-né qui pleure sans savoir pourquoi, alors qu'il est pourtant clair, grâce aux effluves environnantes, qu'il vient de se chier dessus de toutes ses forces.


Tu m'avais laissé ramper hors de mon trou, pas pour m'observer de ton estrade avec un regard plein de haine ou de ces conneries qu'on raconte dans les films où il y a un méchant vraiment TRES sadique. Non, tu étais simplement partie déjeuner.


Tu étais partie déjeuner parce que tu t'étais dit que tu n'aurais pas le courage d'attendre que je remonte la pente pour mieux m'achever en ayant l'estomac vide.


Et quand tu m'a apperçu, baignant dans une mare d'incompréhension et de fatigue, à ce moment précis où tu aurais pû te contenter de m'achever d'une salve dans les vertèbres cervicales, tu n'a rien fait.


Tu es resté assise, m'observant, m'analysant. Ou en fait non. Tu regardais au travers moi. Comme si tu me cherchais. Comme si tu ne voyait qu'un amas de formes disgrâcieuses se débattre pour Dieu sait quelle raison. Pas méchamment, pas cruellement, pas sadiquement, ni fébrilement et encore moins avec quelque remord caché. Non. Comme si tu me cherchais dans ce brouillard que j'inhalais et qui me faisait fondre de l'intérieur un peu plus chaque seconde.


Et c'était bien ça ton problème. Tu n'étais pas méchante, mesquine, cruelle ou quoique ce soit. Tu n'étais rien. Tu n'étais qu'une forme. Un reflet... le reflet de mes erreurs.


Lorsque j'ai enfin trouvé le peu d'énergie restant au fond de moi pour crier, une dernière fusée d'alarme est montée dans le ciel. J'ai donc hurlé. Hurlé comme un tourbillon sifflant à quelques centimètres de tes oreilles. Un tourbillon au coeur duquel virevolteraient des centaines de lames de rasoir affutées prètes à te déchirer la face de la façon la plus immonde qui soit. Pas hurlé des mots, pas d'appel à l'aide ou d'insulte, juste hurlé.


Et comme à ta bonne habitude, tu n'a pas réagis. Ou plutôt si. Tu a eu un semblant de compassion dans le fond des yeux l'instant d'une seconde. Mais ce qui aurait dû exhorter en toi quelque chose de productif, de salvateur, n'a motivé qu'une simple remontée acide.


Tu a régurgité. Ce déjeuner crapuleux que tu t'étais empiffré pour reprendre des forces pendant que je me battait corps et âme pour me sortir du trou dans laquel tu m'avais laissé, tu m'en a fait voir la couleur de très près. Tu a tout remis à côté de moi à la seconde où j'ai eu fini de crier. Tu t'es éloignée dans le bleu marine qui tapisse cette "route" en laquelle tu aime croire. Celle qui t'éloigne de moi.




Oh mais je sais qu'un jour où l'autre, je finirai par te recroiser. Je sais que même si je reprend des forces, que même si un jour je me relève et me remet à suivre une route, tu réapparaîtra. Sous une autre forme, ça c'est quasi-certain, mais tu réapparaîtra.


Je me plaisais à croire que tu n'étais qu'éphémère, et je le crois d'ailleurs toujours, mais assez bizarrement tu semble apprécier ma compagnie.


Et à chaque fois, tu juge bon de reprendre les choses où on les avait laissées. Et à chaque fois, la boucle se boucle... le cycle se répète... le soleil se couche.



Ce qui est bien, c'est que pour une fois j'ai l'impression de ressentir une onde positive: j'ai l'impression que les nuits raccourcissent.



Techniquement, le seul problème, c'est que je devrais sérieusement arrêter de parler de toi, de te haïr. Je ne fais que me haïr moi par conséquent. Et ça c'est pas top.



En fin de compte, tout se mélange. Je n'ai plus aucune notion de toi, de moi, de haine ou d'amour. Tout n'est plus qu'une mixture pâle et visqueuse dans laquelle évoluent des organismes divers et bruyants. Une sorte de mousse dégueulasse dans laquelle on se débat, mais qui semble pas vouloir lâcher nos membres embourbés.



Allez, pas de panique. T'en fais pas. Non. S'il te plaît, ne te met pas à pleurer en plus de ça, je pourrais pas le supporter.


Une larme de plus, et je risque bien de t'arracher le visage.


Toi ou quelqu'un d'autre, peu importe.


Ce qui importe, c'est que je réalise que tu n'es pas importante. Pas SI importante du moins. Parce que cette concoction putride et collante qui m'empêche d'évoluer comme je le voudrais, tu n'en es rien d'autre qu'un des ingrédients. Ce n'est pas toi qui porte la toque dans l'affaire. Tu n'es rien d'autre que le liant qui permet à cette soupe illogique dans laquelle on nage tous d'attraper de la consistance et de m'empêcher de bouger.



On s'en fout de qui cuisine. Je te vois déja venir, à poser cette question en faisant grossir les tranchées de ton front. Tout ce qui compte, c'est que nous ne sommes que des ingrédients. Certains, comme toi, immatériels et intemporels, d'autres, comme moi, indomptables et imprévisibles.





Après que la pâte soit tombée et qu'on aie évacué les vapeurs de cuisson, je ne retiens même qu'une chose, une seule envie. La prochaine fois que tu tournera les talons pour aller déjeuner, je viendrai avec toi.


Et nous déjeunerons ensemble. Nous nous délecterons de tous les vices possibles sans plus nous soucier du reste, qui sait, peut-être au détriment d'un nouvel appât. Tels deux Dieux déchus, nous nous haïrons en silence, en nous flattant tous les sens possibles, sans jamais nous regarder.



Et puis nous attendrons. Nous attendrons l'avènement d'une lumière nouvelle...



...ou tout simplement, nous attendrons le prochain repas.








Alors maintenant vas y, take your best shot. Fais moi plaisir, redemande moi de reprendre les choses au début. Et cette fois ci, je ne hurlerai plus. Je ne te ferai plus construire cathédrales et vitraux. Je ne te laisserai plus me précipiter dans ce trou sans fond(ements).



Je te regarderai. Dans les yeux. A travers tes yeux. Avec le même air niais avec lequel tu avais l'habitude de me regarder pendant que tu me déchirais la chaire.



Je te regarderai sans sourire.




Et tu comprendra.




Et nous passerons directement à table.







mercredi 3 décembre 2008

Shepherd's pie... Yummy?!



What's the deal with my brain?
Why am I so obviously insane?
In a perfect situation
I let love down the drain.



Pourquoi toujours être obsédé par l'horizon?



BON!


L'éternelle question à deux balles quand on a les neurones qui pétillent et que les doigts se mettent à tapotter sur l'Azerty: À quelle personne je vais adresser ce texte?


À la première? Trop banal, pas assez subtil...

À la deuxième? Trop émotionnel, trop "cliché"

La troisième? Beaucoup trop mathématique et froid!


Et je ne développerai même pas le pluriel!!!!


Alors quoi bordel? (aussi connu comme AQB, l'équivalent Français du fameux WTF)




BREF!



Ne criez pas de suite à la simple question sans queue ni tête et qui ne sert à rien sinon à faire une tentative éhontée de sonner "intellectuel"



C'est juste qu'il y en a sérieusement marre!!!



On lime de partout. On arrondit les bouts. On recouvre les coins de cahoutchouc protecteur. On poli. On soude. On fabrique de jolis artéfacts insipides et sécurisants....


Un jour peut-être, les scientifiques les plus érudits de la planète trouveront un moyen de donner aux océans une couleur "terre sabloneuse" ou, pire encore, donner à nos champs et forêts une couleur "océane". Et au risque de tomber dans le Kubriquesque, avec un peu de pot, on se retrouvera sur une planète goudronnée de toute part à se baigner dans une mer tout aussi peu poétique, d'une couleur que stylistes et autres mages de la cosmétique se plaîront à dénomer "vert-de-gris"...


MON CUL....on parle de gris-de-chez-gris-de-pas-pour-rire ici!


J'ai toujours voulu éviter de pousser ma gueulante sur le fait que "haaaan le monde craint paskil est vraiment pas original et que tout le monde il fait le mouton", parce que bon, ma période Punk est passée. Puis en achetant mes jeans chez Celio et en ayant succombé à la mode qui impose un mode de vie feng-shuikea/sushi pour faire sophistiqué, ce serait plutôt hypocrite...



Toujours est-il qu'il y a des jours où ce troupeau me rend malade! Mais VRAIMENT malade! Malade comme dans "je vomis ma vésicule biliaire"!!



Ok, je veux bien admettre, tous les goûts sont dans la nature. Ok, oui, la tolérance est une vertu noble et enrichissante. Mais bon, y a des limites...


J'aurais bien voulu vous y voir si les Yankees avaient refusé de botter le cul à Adolphe au nom de la tolérance et de la liberté de pensée!



Parce que là ça prend des proportions Dantesques, et je vais pas y aller de mon petit listing inventaire, ou je risque d'attraper des cloches aux doigts (ou plutôt des doigts à mes cloches) mais...bon...y a aimer et aimer!


On aime le RnB parce que la vibez est flex dans la groovedown du dancefloor, la techno parce que l'alternance basse-"charley" propose une rythmique aisée à assimiler pour le jump ou la tektonik sans risquer de se viander (même si on a l'aisance d'un otarie), le pop-rock parce que les mélodies catchy nous rendent heureux les jours où on est tout sauf ce que l'on aimerait être, et qu'en plus de ça les paroles sont pleines d'optimisme et les refrains faciles à mémoriser, les slows parce que ça nous permet d'enrouler facile, le néo-black-metal scandinave parcequ'il y a beaucoup de "FUCK" dans les lyrics et que ça fait rebel auprès de Mamy et qu'en plus de ça, la cacophonie produite par nos écouteurs surpasse celle du voisin hip-hopeux dans le bus "juste paskeçalfaitchier l'rappeur", le free-jazz parce que ça fait très sophistiqué à écouter dans la voiture quand on fais BoB pour des amis, le hip-hop parce qu'écouter ça implique qu'on est quelqu'un de dangereux qui takes no shit from anyone dans ta benz benz benz et que ça attire les filles un peu voyantes, etc...


On regarde des comédies parce que c'est la seule façon qu'on aie de sourire quand on vient de se faire jarter par son(sa) copain(ine), des drames pour feindre quelques larmes au cinéma pour A) enrouler la fille à côté de sois en se faisant passer pour un mec sensible / B) enrouler le mec à côté de sois en se jettant dans ses bras au moment le plus triste du film, des films d'horreur pour CFR Drames, des documentaires pour avoir des anécdotes croustillantes sur la migration des poulpes Portuguaises vers les Açores, idéal à placer en plein dîner mondain pour avoir l'air de quelqu'un de cultivé, etc...


On largue son copain sous prétexte qu'il n'est pas assez attentionné ou démonstratif sans prendre le putain de temps d'analyser la situation un peu plus en profondeur et de vraiment prendre en compte ce qui est réellement important. Et au final, on finit par le remplacer par le premier abruti venu, après s'être fait manipuler comme un putain de joystick SNes, abruti qui HEUREUSEMENT, nous apporte ces susmentionnées (ou pas...) valeurs superficielles que nous recherchions. Qui d'un "ôh mais comme tu es sexy dans mon maillot de basket-ball", qui d'un bisou dans le cou accompagné d'un mot doux à la fin du slow, qui d'une putaine de rose mensuelle qui prouve à quel point on pense à elle. Il est pourtant EVIDENT que si on glisse le bisou dans le cou 14 secondes après la fin du slow, que si durant un mois de fatigue ou de stress on est un peu moins attentionné, que si on ne place pas LE compliment idéal AU BON MOMENT Chronomêtré avec montre Suisse, BREF, il est évident qu'à une telle bourde, c'est la preuve irréfutable qu'on n'aime pas du tout la personne!


MAIS BORDEL DE MERDE!!!!


Et les sacrifices? Et les nuits blanches? Et les aides diverses pour des choses pas spécialement romantiques ou dignes de Titanic mais qui étaient bienvenues sur le moment? Et les gestes un peu moins évidents, les signes un peu plus subtiles? Ca vaut pour de la fiente de hyène?


Bon OK, ce sont mes valeurs, et je suis sur que 90% des gens me diront que j'exagère, que "ce qui est important pour moi ne l'est pas nécéssairement pour quelqu'un d'autre" blaaaablabla! OK, j'admet.


Mais quand même.


Je suis peut-être le dernier des cons, et je veux bien signer en bas du papier pour le reconnaître. Mais quand même... mes valeurs ne sont pas universelles mais y a des jours où je me demande si les gens se surprennent parfois à ENVISAGER de PEUT-ÊTRE EVENTUELLEMENT UN JOUR après MOULTES REFLEXIONS gratter la couche dure, brûlée et pas hyper ragoutante qui recouvre la crême aux oeufs pour voir ce qu'il y a en dessous!



On pourrait croire que voila, ce qui a commencé comme un coup de gueule générale tourne en vieux coup de rancune envers une expérience passée (et ce serait bien légitime de le croire), mais en fait non.



Tout comme Robert, j'illustre.

J'illustre avec beaucoup d'amertume le Petit Larousse de la superficialité, de la simplicité omniprésente, du goût pour l'insipide, de la culture de la surface.
Le bonheur à la porté des caniches. Les émotions entre guillemets faciles. La beauté évidente. Les engrenages froids de la logique d'un plaisir décérébré et sans goût, cyclique, redondant.
Le Septième Ciel préfabriqué, préliophilisé, préemballé, prémaché, prédigéré, prédéfèqué, prétorché, préchassé, prérecyclé, précartonné, préemballage, préfabriqué, préliophilisé, préemballé...et ça peut continuer très longtemps.
Votre putain de sourire manufacturé par une poigné de spéculateurs boursiers, de responsables marketings et de deux trois gérants de succursale. Le tout fistfucké à sec dans votre conscience, sans broncher. Vous voilà trademarké.
L'emballage emballé!!!!!!


Encore une fois, je me répète:

- NON, je ne fais pas exception. OUI, je cède à MacDonald's, Starbucks, Kinepolis Group, Japanophilie, MMORPG, Industrie du disque et consorts. Je ne pète pas plus haut que mon cul et ne prétend pas être mieux que les gens.

- OUI, je sais: crier très fort que les gens autour de nous sont un troupeaux de requins frayants dans les gris pâturages pour se repaitre de profits, de villas à la mer, de labradors et de téléfilms du Dimanche, être scandalisé par cette tendance à suivre la masse n'est qu'une façon en soit de suivre une masse, plus petite certe, mais une masse quand même. Une masse de frustrés pseudo-révoltés et anarchiques de salon qui n'a de contres-idéaux que pour se donner un genre.



Je sais. Mais au moins, j'essaie de gratter la croûte. Et comme toute croûte qu'on gratte, ça saigne.


Certains penseront que ce sont justement les plaisirs simples qui nous permettent d'atteindre ce putain de Nirvana. Et avec ça, je suis d'accord!

Alors pourquoi essayer à tout prix de plonger dans des abysses interminables de raisonnements sans fin, de touche-à-toutisme maladif, de pseudo-révolte pseudo-dépressive pseudo-intellectuelle?



Et bien ça j'ai réalisé il y a peu. Oui, très peu.


Après une nuit agitée peuplée des habituelles chimères et animée des rituels remoux ancestraux, après un café-bus 820-bus 84-derniers instants de paix dans le vestiaire, après moultes "et si", il a suffit d'une chose! Une effluve... une senteur... un simple amas d'atomes venant effleurer mon système nerveux endolori et fatigué.


Et là (comme souvent), le déclic. Un déclic de plus qui me permet de m'approcher de mon idéal à moi. Celui que tout le monde redoute, dont personne n'arrive à apprécier la réelle valeur.



Parce qu'après tout, suivre le chemin est ennuyeux, oui. Mais il ne faut pas croire, s'aventurer dans les hors-pistes brousailleux n'est peut-être pas aussi répétitif que la voie balisée, mais c'est solidement déprimant et déstabilisant. Et puis voilà, cette fameuse effluve salvatrice, rédemptrice, on peut y aller de tous les synonymes.... et voila.



Voilà le panneau... ce petit plan balisé. Ce chemin goudronné parsemé de bancs et autres aires de repos, qui suit une trajectoire bien souvent droite, parfois courbe. Cette route qui nous tend l'alternative du chemin boueux à intervalles réguliers, fébrilement, avec l'arrogance d'un enfant en plein complexe d'Oedipe qui défie son parent du même sexe. Ce tracé qui s'écoule comme un courant électrique et qui nous laisse le choix d'être bipolaire ou triphasé, de parfois sauter les plombs, au mieux de se décharger sur une paire de doigts insouciants, mais de toujours revenir nager dans le juste flux des choses. Ces pas que l'ont fait en regardant l'horizon, mais sans jamais perdre du coin de l'oeil les quelques bâtisses qui longent la route, en ruines ou non.



Parce que ce n'est qu'en prenant régulièrement le temps d'analyser l'alignage des bouleaux par rapport à l'asphalte, ce n'est qu'en observant la qualité du ciment qui consolide les maisons mitoyennes, en se penchant au puit pour aller en relever l'état de sècheresse et se demander ce qui a bien pû faire qu'il soit vide une saison trop tôt...


Ce n'est qu'en balayant du pied les feuilles mortes qui jonchent la route pour en jauger la qualité du goudron qu'on se surprend de temps en temps à apprécier la légère brise qui nous parcours alors les nervures de la peau...



...et à regarder bien en face le soleil qui nous brûle l'iris...





Vous voulez toujours crier au révolté hystérique sans aucun argument?


Be my guest. You want fries with that?


C'était d'ailleurs mon but.


Je suis d'ailleurs même certain que vous n'êtes plus là.


Mais ce n'est rien...





Je serai le premier à vous pointer du doigt le jour où vous crierez. Je serai à vos côtés, lorgnant sarcastiquement sur vos tripes fraîchement régurgitées, baignant dans la révolte.




Je serai là, feignant la compassion...



...arborant mes chaussures de marques et ma gueule de Che sans barbe...



...crachant à votre face ma démesure et mon incompréhension pour encore mieux vous déstabiliser.








Ha ben là ça va mieux tiens. Merci, j'en reprendrai bien une tranche demain.