lundi 17 novembre 2008

...með suð í eyrum við spilum endalaust...


It's a motherfucker getting through a sunday....talking to the walls, just me again...





Je te déteste!



Vous avez probablement déja vécu de ces jours où vous avez l'impression de n'être ni au top, ni au fond du trou?!



Ces jours où on a l'impression d'avoir deux cloches de verre qui recouvrent nos oreilles, résultant en une espèce de vrombissement assourdissant mais relaxant qui nous parcours les neurones de droite à gauche. Comme quand le prof de gym nous forçait la gueule dans l'eau chlorée et crapuleusement sale de la piscine de Neder-Over-Hembeek, sous prétexte "que c'est qu'en mettant la tête dans la flotte qu'on finit par s'endurcir et ne plus avoir peur de nager....par devenir un homme"!



Il avait facile à dire ça, du haut de ses pectos saillants et luisants d'une sueur presque obscène...



VRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRR...



Pendant quelques secondes, on se pose alors inconsciemment la question la plus stupide mais aussi la plus sensée de son existence: En QUOI le fait d'oser mettre ma tête sous l'eau pour arriver à nager un crawl correct me permettra de réussir dans la vie? Pourquoi n'aurais-je pas droit au bonheur en me contentant de faire ma petite nage indienne tranquillou, la tête hors des vrombissements?



Aussi pertinente que soit la question, on abandonne vite le combat, évitant d'interroger le pauvre fonctionnaire nourri et forgé dans une version moderne de Mens Sana in Corpore Sanum qui aurait eu tendance à oublier le Mens! 'nuff said...après tout, on a d'autre chats à fouetter, étant donné que sa grosse main velue nous pousse déja la tête sous la surface depuis bien 35 secondes, serait ptêt temps de se résigner et de se laisser aller....perdu dans l'oubli de ce grand bleu au fond carrelé.



VRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRrrrrrrr...



Tout va bien...



Aussi bizarrement que ça puisse paraître...tout va bien...



On a l'impression d'avoir tout essayé, d'avoir lutté contre chimères et moulins pour garder la tête hors de l'eau...jusqu'au moment où on réalise qu'on a la paix qu'en se laissant bien tranquillement mettre la gueule à la flotte.



Et de là tout s'imbrique...



Au début on se force, on esquisse quelques sourires narquois prétendument détendus, on jure contre les ombres, on rabote les coins de rue dans un malaise presque palpable, mais toujours en se la jouant cool...pour faire que...



Pour éviter de recevoir en pleine face les centaines de salves de "pitié", d'"aide", de "compassion", toutes plus démunies de sincérité que les autres (de là l'abus de guillemets)...on se la joue cool...on se complait avec un plaisir feint dans notre routine, dans notre désespoir...dans cette chose bizarre que nos profs de Français de réthos appellaient avec un ton grâve "le mal du siècle dont parlaient les Romantiques du XVI siècle".



Et puis un jour, un truc de trop, la goutte d'eau, le vase! Et la machine se met en route, les rouages, quoique peu graissés, se mettent à clinquer...



On finit par s'en foutre!



En avoir rien a branler, s'en tamponner le coquillard, s'en taper comme de son premier caleçon, s'en ficher, n'en avoir que faire, s'en foutre comme de l'an quarante, s'en astiquer le manche, n'en avoir cure, s'en moquer éperdumment, s'en taper.....BREF renier toute influence que pourrait avoir ce soit-disant mal-être du siècle.



Mal-être?



rrrrrrrRrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr....rrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr......r...



Vous croyez à la fatalité? Simone de Beauvoir a un jour dit que la fatalité ne triomphe que dès qu'on croit en elle... un peu comme les fantômes qui n'apparaissent qu'au moment où on se met à croire en eux...



Ce "mal de siècle"...un putain de fantôme...



Voilà, l'équation est là! Accepter que rien ne va plus (et pas comme à la roulette), regarder ce fantôme droit dans les yeux et n'esquisser rien sinon un peu de légèreté infantile... s'en foutre... se laisser aller dans ce vide vrombissant qui est une sorte de mélange entre "avoir les pieds sur terre pour éviter de se manger un gnon" et "avoir mangé tellement de gnons qu'on les sent même plus"....



Finalement il avait peut-être raison le Mr Mégot de Santa Barbara...



Malheureusement, comme toute bonne technique de combat, ou tout bon ustensil de cuisine, notre susmentionnée "way-of-life" a ses inconvénients... déja, les jours où on est étonnament de bonne humeur, et qu'on remplace le maintenant habituel air désinvolte par une nervosité presque viscérale accompagnée de rires et d'expressions de joie de vivre spasmodiques, ça surprend l'entourage! Ca surprend comme un chauffeur de bus souriant...

En plus de ça, lesdits jours nous laissent souvent au lendemain un goût de trop peu... et sont souvent suivis par un renversement à 180° de la tendance "don't give a fuck"! Noir, broyage, noir, broyage, noir, broyage, noir, broyage, noir, broyage, manger, dodo!



Mais avec un peu d'entrainement, de naturel, ces pics apparaissent de moins en moins souvent sur l'électrocardiogramme plat que sera devenu votre vie! Un sensei ferait pas mieux!



Certains appelleront ça du pragmatisme, d'autre diront que c'est triste, qu'on arrive plus à "profiter un max des belles choses (...sic...) qui s'offrent à nous", d'autres dirons qu'on refait une crise d'adolescence....et tous ceux là, j'aurais envie de répondre: "gné..."



J'aurais aussi envie de rajouter, assez paradoxalement, que ce manque de bonheur/malheur rend heureux. Oui, je sais, métaphysiquement impossible...but true!



Bah oui, quelle meilleur réponse à tous ces empêcheurs-d'en-avoir-rien-à-battre-en-rond que d'en avoir rien à battre?





Enfin soit, là je commence à être digression...





Bon et bien c'est ce genre de journée là qui vient de s'écouler.... vous savez? La journée dont je vous ai parlé en début d'article (oui parce que je suis un peu rallongement de prose)?!



Une de ces journées ou le vrombissement est omniprésent... où on réalise que les agressions extérieures sont présentes, mais qu'elles ressemblent plus à des gravillons lancés par un jeune amant contre la fenêtre triple-vitrage d'une pucelle de bonne famille qu'à de réelles agressions...



Où on se lève, mange, lis, g33k1s3, se touche, bois, fais caca, pipi, cuisine, cours, fais les courses, gare la voiture, achète du pain, nourris le chat, pense, chante, écris, etc., dans la plus grande sérénité... une sérénité sourde...et un peu muette aussi.



Une sérénité à la Hellen Keller (hrooo là j'ai honte)!









Et c'est là qu'intervient l'assassin qui vient tout foutre en l'air avant de repartir aussi vite dans l'ombre, alors profitons en pour le photographier tant qu'il est là.... celui qui ruine tous les efforts...



...parce qui dit vrombissement dit souvent gêne...aussi vide qu'on puisse être...















Putain, mais pourquoi je te déteste autant?







Ha oui juste....pour ça....







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