samedi 22 novembre 2008

In lupine ways, we'll alleviate the pain...



I'm going to tell you what you need to hear, and I'm a little too late, by three or four years...





Si je commence en disant "C'était par un bel après-midi d'automne...", ça fait cliché?


Oui?


Ca tombe bien...


Parce que j'ai envie de commencer par tout sauf par ça...





Tu étais là, pas comme un vulgaire déchet, non. Mieux encore. Tu me faisais penser au pire rejet toxique déversant ses nuisibles radiations sur toute chose, faisant brûler les poumons du châton encore aveugle de la voisine d'en face... détruistant à petit feu les cellules cérébrales du nouveau-né qu'un jeune père au regard bienveillant était en train d'attacher au Maxi-cosi de sa BMW sur le parking d'en face... flétrissant toute forme végétale et couvrant toute forme minérale d'une mousse puante à 75m à la ronde... achevant l'épicière quasi-centenaire qui peine déja à rentrer son cabbat de radis à l'intérieur de son commerce au coin de la rue...bref.... une pure saloperie!


Sauf que, j'aurais dû parler au conditionnel. Oui car toutes ces choses, tu ne les faisait pas vraiment... En lieu et place de ça, tu concentrait toute cette destruction dans un rayon imaginaire directement perpendiculaire à ma tempe! Et ça a comme qui dirait jeté un froid...




Au moment où tu t'es révelée à mes yeux, tu n'avais pourtant pas l'air si menaçante... au contraire...


Je me demande, si je n'avais pas été si minutieux à ramasser ces feuilles mortes une à une, comme si leur craquements sous mes doigts pouvaient faire exploser mes tympans, si je m'étais contenté de simplement tout pousser sans aucune finesse au fond de ce sac poubelle... je ne t'aurais pas vu. Je me demande...



Trêve de "si"... tu étais là! Et c'est tout ce qui fucking compte!



Tu avais un nom banal... un truc du genre Sophie Vandenberghe, Marie Duchemin... alors POURQUOI?

Tu avais vraisemblablement perdu ce qui étais supposé être une carte d'étudiante, de bus, d'abonnement de banc-solaire... je ne sais pas... je ne sais plus (je suis perdu, oui on s'y attendais)...


Je n'ai même plus le souvenir de ton visage jaunit par l'humidité et l'oxidation. Dieu sait depuis combien de temps tu avais perdu cette carte. À la seconde où je t'ai trouvé, tout est devenu blanc!


J'aurais pû m'intéresser, me demander si cette carte allait me révéler quelque chose sur toi, ton adresse, ton groupe sanguin. Quoique ce soit. J'aurais même pû imaginer un scénario de téléfilm du Dimanche... HELL j'aurais même pû m'imaginer une foultitude de scénarii customisables en fonction de mon humeur!!!! Un putain de sauveur sur son cheval crême venant sonner à ta porte pour te ramener ta carte de fidélité à la sandwicherie de ton école! Et de là, trois petits points.



Mais non. Il a fallu que je t'aperçoive, et que je te fasse disparaître de ma vue tout aussi sec! Est-ce que je le regrette? Est-ce que j'aurais dû t'analyser dans le détail et tomber dans le kitschissime, dans le gagatisme? Où est-ce que j'aurais simplement dû te regarder bien en face, et t'ignorer aussi sec, t'assimiler à ces corps morts qui pulullaient partout? Non, la dernière solution n'était clairement pas possible.... alors quoi?



Trop tard... tu avais déja tout pollué. Tu avais déja balancé tes ondes. Tu avais déja violé mon inconscient, bien salement, bien profondément, bien sanguinolant, comme si tous les cadavres jonchant autour de toi t'avaient imprégné de cette puanteur morbide... une chose est sûre, c'est que tu savais où siéger. Tu t'étais trouvé un Trône digne de ta crasse.



Et je me répète: pourtant, à première vue, tu avais l'air d'un simple morceau de carton, inoffensif...




Alors qu'est ce qui m'a prit?



Pourquoi cette remontée, ces remous?


Pas vraiment "remontée" comme dans "gastrique"...plutôt comme dans "endocrinale"...



Je me demande si les regrets peuvent être de nature hormonale...!




Tu n'a rien à voir avec tout ça, je sais... mais je n'ai pas pû m'empêcher de te ramener au devant de la scène. Et crois moi, ce n'est pas pour mon bien. Non. Mais certaines choses ne devraient jamais êtres enterrées si profondément. Ou du moins, ne pas être déterrées si tard, et dans de circonstances si peu atténuantes...



Mais je t'oublie! Ho ça ne t'inquiète pas! Je t'oublie... Et CA, c'est pour mon bien! Après tout, tu n'es rien de plus qu'un morceau de carton. Un morceau de carton à l'aura malfaisante, certe, mais un morceau de carton quand même. Et tant bien même si tu n'es finalement pas qu'un bout de carton, même si ce n'étais qu'un masque derrière lequel tu te cachait, TOI, l'autre... est ce que tu mérite d'être immuable? Tu es bien vite reparti dans les abysses, pour reprendre des forces... afin de revenir encore plus fort, encore plus viscéral.


Mais maintenant c'est fini...tout s'estompe, même toi, essaim de pensées infectes venant ruiner mon Vendredi après-midi comme une horde de cafards rancuniers dôtés de parole! Et maintenant, il commence à se faire tout doucement trop tard...


Tu a disparu.
Pas disparu comme dans "tu reviendra". Non.
Disparu...
Et c'est bien légitime.





Mais qu'est ce que je raconte moi?? C'est qu'un putain de tas de feuilles mortes et une vieille carte d'identité...
















Non, réellement, j'aurais dû commencer par "C'était par une infectée bulle intemporelle paradoxalement flottant en plein milieu du mois de Novembre"... ça aurait été plus de circonstances...






*fouille dans son armoire à CDs*




Tiens... Ocotber Rust... Why not...


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