lundi 16 février 2009

I watched you change into a fly



préface pour que les choses soient claires: OUI cette publication est en rapport direct avec le week-end à la con qui vient de s'écouler. Et principalement avec les trois dernières heures qui se sont montrées particulièrement rigolotes. Et par "rigolotes", j'entends "personne n'a un peu d'Arsenic en stock?"



HA! CA Y EST!


Le voilà! Le finish-him! La balle entre les deux yeux! La mine anti-personnel déguisée en colis humanitaire!



Un putain de "kikoololhihihitropdlaballeuuuuh" à la Nitroglycérine!!!



Bizarrement, ça soulage. Oui, parce que là, je commençait à m'inquiéter. Allez. Comme on dirait par chez nous quand on veut se rassurer: "ha ben on se sent vivre hein m'dame!".


Seulement là ça prend une proportion assez malsaine! Oui parce que, l'écriture automatique, ça a son bon côté, mais la semi-automatique se veut parfois plus efficace (si par "semi-automatique" on entend "je prend le temps de me relire avant de publier et de corriger les fautes de syntaxe"). Voilà d'ailleurs le meilleurs exemple de situation!



BEHOLD!



Un de ces soirs ou on se dit qu'on aurait mieux fait de rester couché. Ou alors d'aller se coucher à la seconde, sans pouvoir parcequ'on frise l'ulcer. Frank Sinatra nous hurle ses "got my best vest, all I need now is the girl" d'une voix tonitruante, sadique et déguisée en lapin rose dans les oreilles. Ho oui darling! Tout est propice à la végétation végétative de ronces grimpantes dans la région du cortex.



Si tout ce dont cet espèce d'abruti avait besoin était effectivement "the girl", alors il était bien sujet être l'objet de mon envie. Dans un monde qui m'apparaît couvert de pièges divers, parfumé au chloroforme coupé à l'essence de lame de rasoir, affichant fièrement les bannières de l'égoïsme, de l'égocentrisme, de la mégalomanie, de l'individualisme, de la mauvaise fois, j'en passe et des meilleurs, bref, dans un MDM où l'ont traîne sa VDM, j'aimerais bien simplement pouvoir me contenter "d'une girl".



Il serait temps de changer la musique là. Franky n'aura jamais autant ressemblé à du death-black-grind-metal industriel gothique à mes oreilles.



Et voilà! BOUM! Un nouveau problème s'affichant à l'écran. Couldn't retrieve soundtrack to your life. Please press Alt+F4 and contact an administrator.



Alors quoi maintenant? Vous pensez que je vais me contenter de vous observer me transpercer mécaniquement le thorax sans chercher la musique qui va avec? Oui? Non? Alors merde, aidez moi à trouver mes réponses!


Décapitez moi sur du Wagner. Éventrez moi sur du Cloclo. Immolez moi sur du I Am (oulah...pas fais exprès ce jeu de mot là). Défénestrez moi sur du Nine Inch Nails. Immasculez moi sur du Marduk. Dépecez moi sur du Abba. Torturez moi à mort sur du DJ Tiestö. Noyez moi sur du Eels. Empoisonnez moi sur du Devendra Banhart. MERDE faites quelque chose au lieu de rester là à énumérer vos cibles avec les yeux vides.


Oui effectivement, y a de ces soirs. Y a de ces soirs où votre vie semble se jeter elle même sur un lit de grenades avec une seule et unique goupille en sa possession. Une roulette Russe à l'échelle même de l'existence. Où tout atome, toute molécule existante est une agression.



Donc pour revenir à mes putains de moutons. Oui, il est sujet de mon envie. Si il suffisait d'une présence pour arrêter de capharnaüm environnant, alors ce serait comme jouer à cache-cache avec un ange, et faire tout pour volontairement ne pas le trouver.


Pourquoi j'ai l'impression d'avoir atteint un stade où j'aurais plutôt tendance à trouver la cachette du pauvre chérubin pour la remplir de béton, qu'il arrête de faire flapper ses ailes une fois pour toute et de me percer les tympans à chaque fois par la même occasion.



(oui...FLAPPER....j'invente des termes).



Non c'est bien d'un autre ressort. Il avait tout faux. Je vais pas tomber dans le délire subversif et affirmer à tort et à travers que notre vie n'est qu'une pourriture de safari où l'on ne pourrait appercevoir QUE des hyènes anorexiques, qu'on passe notre temps à scruter l'horizon pour trouver ce sens qu'on ne trouvera jamais. Je ne dirai jamais ça parce que justement je réalise que ce sens restera introuvable.

Et c'est bien ça le problème. Que chercher?


OK résumons:

- agression constante du monde
- je-m'en-foutisme et nihilisme

- pragmatisme et maturité

- agression constante du monde

- mise en exergue du fait que le monde agresse quoiqu'on adopte comme posture

- re-pragmatisme, mais plus enfantin cette fois. Dans le genre "m'en fout, j'fais ce que j'veux, maintenant je vis MA vis en cherchant MA vérité"

- mise en exergue du fait qu'il n'y a aucune vérité à trouver



C'est le PIRE moment. C'est à ce moment là que ces massues tombant dans vos alentours semblent les plus douloureuses, les plus délicieusement parsemées de pointes acérées. C'est à ce moment là que vous vous dites qu'il serait ptêt temps de vous mettre à l'abris au lieu de rester bêtement la bouche ouverte sous le déluge à essayer d'attraper ces flocons d'acide avec le bout de votre langue. Alors que vous avez déja les deux jambes brisées.


Plus question de combat, ni d'oeillères, ou de course éfreinée sous la pluie. Plus rien de tout ça.



Un douloureux mais jouissif atterrissage.



Jouissif, dans le sens où on sait enfin qu'on va pouvoir penser (faute d'orthographe?) nos blessures à l'abris, seul, à regarder la terre s'effriter dans un chaos biblique depuis le confort de notre bulle. Plus comme avant une bulle sourde, juste une chambre avec vue sur l'apocalypse et petit-déjeuner au lit.

Jouissif, pas dans un sens positif. Mais plutôt jouissif dans le sens malsain. Dans un sens "Cinéma d'horreur Japonais". Dans un sens Kubrickien. Genre la petite fille en robe d'écolière dansant autour d'un cadavre en récitant un tantra satanique.



Et voilà. Cette douloureuse prise de conscience faite, que reste t'il à faire? Survivre. Essayer de trouver cette fameuse bande-originale qui irait à ravir à votre existence déplumée. L'écouter en boucle, over and over again, jusqu'à l'arret complêt de vos cellules cérébrales. Et essayer de pas trop s'faire chier.



J'espère que vous avez pris des cartes.


Pour passer le temps, je pourrais développer plus sur ce qui m'a poussé à entamer ce cri de trop. Mais ça perdrait de son charme primitif. Après tout, les rythmiques s'éternisent mais ne se ressemblent pas, et nous auront encore le temps de redécorer ces murs ensemble, en dansant délectablement sur cette musique.



Oui. J'ai juste envie de scier à mi-chemin les pieds du tabouret sur lequel vous vous étendez, pieds pointus, pour m'aider à tout reconstruire. Comme une envie de tout auto-détruire. Parce que même quand vous prétendez flatter les terminaisons nerveuses du bonheur, vous ne faites qu'irriter un peu plus mes allergies. Mon allergie à la vie. Et c'est peut-être bien la seule chose qui arrive à effacer le "sourire" de mon "sourire narquois".


Pas bon. Pas bon du tout.

D'ailleurs. À l'image de ce ras-le-bol. À l'image de votre provocation innocente, pour changer, je m'arrêterai sec!

lundi 9 février 2009

Relinquish all that i've ever known...



Let loose the clockwork dogs. Pathological believers, faithful servants. Reduced to servomechanisms with lock-step discipline and knee-jerk obedience. Reduced to time-reckoners with Newtonian mechanics and a Promethean mandate. Polishing and decorating each ideological cage. Notch by notch, hammer by hammer, escape from freedom. Prognosis: ideologies are habits of thought that defy thought and enable people to avoid thought. Airborne contagions, communicable plagues, towing the weary down river like rudderless wrecks, and we are all sick with them.




AND WE ARE ALL SICK OF IT...




Haaaa ben voilà, comme dirait l'autre, "one, two, three, go!"




C'était trop beau. J'avais managé mon existence d'une main de plomb dans un gant de titanium. J'avais trouvé les mécanismes, le bouton OFF. J'avais frénétiquement poussé dessus des heures durant, de peur qu'un spasme ne ranime le circuit maltraîté par la cadence de mes coups.



Et au bout de quelques heures de mitraillage, plus rien...un silence noir....un vaste champ de guerre. Une terre désolée, paisible, ravagée par la souffrance. Chacune de mes larmes et chacun de mes cris de râge ont étés des salves de napalm balancées avec hargne vers chacun des points cardinaux. J'étais l'être central. Le coeur chaud et battant de ce vide environnant, ne demandant qu'à engouffrer chaque centimètre de mon être.




Après avoir rendu l'entièreté du paysage infertile, je me suis finalement assimilé à ce sable qui piquait mes pieds silencieusement. À ce vent qui transportait ce sable en soufflant, mais sans siffler. À ces cheminées rouillées, éteintes, qui parfumaient ce vent d'une saveur métalisée. À ces lierres brunâtres qui enlaçaient ces cheminées avec l'espoir macabre de rendre le paysage encore un peu plus désolé. J'ai été séduit par le silence de ce tableau...au point de parfaitement m'y fondre.




Au début, tout allait bien. Je prenais plaisir à m'aventurer dans l'ombre, à parcourir ce gigantesque terrain-vague sans le moindre espoir d'y croiser une autre âme en peine. Et bien même que, lorsque je me suis apperçu que je n'étais pas le seul à errer sur ces terres, cela ne m'a même pas surpris, rassuré ou donné la rage au ventre.




Non, j'avais simplement deviné la parrallèlité des mondes, je l'avais éffleuré du bout des cils, involontairement. Ma logique seule me menait à croire en l'existence de ces présences, ces présences dont je ne voulais pas, que je me suis efforcé à ne pas voir.




Ma logique... était-ce cette chose implaccable et insipide que j'étais devenu? Avais-je définitivement mis mon âme au vestiaire d'une vie décidément trop bousculée par les tempêtes?



Pas de quartier. Ces terres dévastées, autrefois champ de batailles, sont restées champ de bataille. Une infinité d'horizons à parcourir en m'auto-flagellant, dans le but de tanner ma peau comme le plus aguichant des cuirs. À la guerre...



Oui, au début, tout allait bien. Les feuilles ne craquaient plus sous mes pas, l'eau ne roucoulait pas sous les ricochets. Je ne percevait qu'un léger bourdonnement venant de derrière le coucher de soleil. Un bourdonnement incessant. Un bourdonnement que j'avais déja entendu auparavant.





Oui, et tout à continué à aller bien. Malgré ce bourdonnement, dont je ne m'inquiétais pas.



Tout allait bien jusqu'au jour où j'ai réalisé que ce bourdonnement était présent dans ma vie depuis des années. Il n'était rien d'autre que la fréquence de résonnance de ces tempêtes de bruit qui déchiquetaient chaque parcelle de mon cerveau avec la plus grande férocité.


Réalisant cela, c'est à cet instant précis que les images, les âmes en peine autour de moi que je sentais, le vent piquant teinté de poudre à canon m'écorchant les fossettes...tout. Tout est réapparu...




En l'espace de quelques secondes, j'ai réalisé que ces kilomètres de terre morte que je croyait au repos étaient toujours martelées par les bruits sourds de cette tempête sensorielle qu'est la vie. Ou chacun des 5 étaient mis à l'épreuve contre un 6e. Le central. L'indomptable, qui est la source de toute la vie, mais aussi de toute la destruction. Le conflit séculaire, millénaire...




Je me suis senti réemporté dans ce flux de bousculades douloureuses, mais sans plus la force de m'y débattre comme avant. Les oeillères que j'avais porté, cette surdité imposée que je me suis infligé, cette période d'endormissement charnel que j'avais connu....j'avais perdu la force de me battre.



Dans un premier temps, j'ai eu peur. Je me suis senti comme un enfant tombant au milieu d'une guerre nucléaire, nu, sans visage familier lui tenant la main. J'ai eu peur de retomber dans les abîmes les plus profonds de la souffrance.


Mais non...



Cet enfant n'était qu'un mannequin. Un pantin. Et aussi bien avais-je perdu la force de me battre, aussi bien n'avais-je même plus la motivation pour m'en faire quant à mon sort.





Alors je me suis laissé emporter par le courant...ballotté dans tous les sens par ces bombes s'écrasant tout autour de moi. Comme une poupée désarticulée se faisant arracher les membres, en souriant un peu plus à chaque coup du destin.





Oui....j'en suis arrivé au point où même la tempête n'arrive plus à atteindre mes tympans, à souiller mes yeux. Où j'arrive à la narguer, à oxider par mon propre souffle la résistance du temps, plus grand de mes ennemis dans ce conflit central.



Mais comme toute blessure endormie a son petit morceau de chair tendre et sensible, comme chaque thèse à son antithèse...j'avais moi aussi cette petite écorchure sur le palais, qui n'arrivait pas à guérire avec pour cause ma propre langue qui la flattait, qui réhumidifiait la tranchée, comme une obsession morbide et automatique.





J'avais ce petit reste de douleur, cette cloque formée au moment précis où les choses ont mal tournées: à l'instant où je suis sorti de ma première bulle sourde!







Et maintenant, cette deuxième écorchure qui vient m'obséder....les souvenirs de cette période d'errance sur ces terres que je croyais abandonnées et silencieuses, où je me croyais heureux...où je ne l'étais pas vraiment. Le suis-je maintenant? Ce temps contre lequel je me bat finira bien par me lâcher le morceau.....




Et en attendant....










...en attendant, je continuerai à te regarder droit dans les yeux et à m'incliner, non pas pour te donner victoire, mais pour garder les pieds ancrés dans la boue, pour ne pas m'éloigner de toi.








Non vraiment....vraiment ça m'attriste...














I can't wash the taste of stone away...









jeudi 29 janvier 2009

Our eyes remain closed under a shower of sunlight


Wake up, wake up
Little sparrow
Don't make your home
Out in that snow



J'aimerais croire aux chemins, à l'avenir, aux boules de cristal et aux diseuses de bonne-aventure...

C'est juste dommage que le voyage sur ce chemin rocailleux qui me précède m'a rendu incrédule, inamovible, aveugle.



Parce que oui, j'aimerais parfois envoyer chier les surprise! Je voudrais pouvoir me glisser dans l'ombre pour aller observer ce qu'il y a dans ce paquet d'images tamponnées à mon image, à notre image. Comme un enfant une nuit de 6 décembre qui marche sur la pointe des pieds pour éviter de faire grincer les marches de l'escalier...



Reste à voir si Saint-Nicolas n'apporte que des cadeaux. Je suis doûte.



Ce doûte! C'est bien ça qui me fait cracher ces mots.



Parce que oui, parfois j'aimerais avoir un polaroïde projeté quelques semaines...mois...années plus loin. Pour regarder par la fenêtre, et voir à quoi ressemblera cette rue. Voir si les hirondelles feront toujours leurs nid dans le bouleau. Observer les rides creusant les visages familiers, et se demander à quoi ressemblaient les visages qui n'avaient jamais foulé ces pavés avant que les rides les envahissent.



Je ne vais pas dire que ça en deviendrait une obsession, mais c'est comme essayer de toucher les rayons du soleil. C'est tendre la main pour toucher du bout des doigts l'horizon. C'est vouloir transformer sa vie en magnétoscope. C'est appuyer frénétiquement sur la touche >> jusqu'à ce que cette rue aie l'air agréable, jusqu'à ce que la brûme se soit dissippée et que les couleurs soient revenues. Et ne pas avoir à me demander de quelle palette de couleurs l'image sera composée...


...pour ne pas dire que j'aimerais pouvoir choisir ma palette...ta palette...tes couleurs...





...et pouvoir enfin appuyer sur la touche pause, fixer l'image lorsque ces couleurs apparaîtrons et qu'on pourra les admirer encore et encore, tel un tableau parfait. Et surtout, en espérant que personne ne fasse repartir la lecture...




Oui...et en attendant...je ne regarderai plus par la fenêtre, pour continuer à l'imaginer vide et grise...jusqu'à ce que tu vienne la repeindre. En espérant que tu vienne la repeindre...




Car tes couleurs sont les seules qui me conviennent.





vendredi 2 janvier 2009

This engine no longer burns on wood.



You see I never thought enough of myself to realize
That losing me could mean something like the tears in your eyes
And I wanna tell you I'm sorry, and it's too late to start
But i'm going to stop pretending that I didn't break your heart



À force de fréquenter les machines, on finit par s'y identifier.


Ou plutôt, on commence à les envier...




Ou en fait un peu des deux...





I have no way of knowing where you are...




On s'y identifie, et on les envie. Enfin, je vais plutôt parler en Je. Parcequ'heureusement, je ne suis qu'un atome.


Faudrait voir à éviter l'hiver nucléaire, c'est tout.


Donc pour revenir à nos machines: je l'avoue, c'est vrai, j'ai par moments l'impression d'en devenir une. Debout, caca, manger, boulot, manger, boulot, manger, MSN, dodo... ça ne vaut pas beaucoup mieux que visser, polir, visser, souder, peindre, tordre, visser, impulser, emballer... Oui, y a les pensées, y a les souvenirs, y a les ambitions et toutes ces shits qui prennent de la place sur le disque dur, mais voilà.



Disque dur corrompu.



J'ai d'ailleurs un jour eu le problème... d'abord ça ralentissait, je me suis pas posé de question. Puis ça bloquait, mais alors solidement, Microsoft Style baby! Mais je me suis toujours pas posé de questions... et un jour POUF! L'interrupteur fou. OnOffOnOffOnOffOnOff...rien! J'avais perdu les artéfacts d'une bonne partie de ma vie. Les symboles d'une époque révolue que certaines personnes n'auraient jamais voulu connaître. Mais cette époque, c'était la mienne, la nôtre, la vôtre... Aussi incomprise et mouton noir qu'elle puisse être, c'était une page. Une page déja tournée, certe, mais une page.


Vous avez déja éprouvé de la pitié en écrasant machinalement un cafard qui vous narguait en se dandinnant fièrement et kamikazement sur votre carrelage neuf? Moi bien.


Une mélancholie qui n'a pas lieu d'être. Un regret sourd et oppressant. Tartiné à souhait de points d'interrogation au bon beurre de ferme.


Cette culpabilité qu'on peut ressentir quand on regrette d'avoir arraché une page d'un livre. Vous voyez, cette page que vous sautiez toujours en relisant l'oeuvre, tout simplement parce qu'elle vous apportait une sorte de malaise. Que ce soit parce que le rebondissement de la page 47 était téléphonné depuis le préface et que ça vous énerve. Ou encore parce que la description chirurgicale du meutre page 256 vous donne la nausée. Bref, ce mal-être qu'on ressent quand on arrache cette page froidement en se disant qu'elle n'est qu'une mauvaise passade d'un livre qui vous tiens en haleine tout son long. Tout ça parce qu'on avait besoin de papier pour noter un numéro de téléphone.



Et bien c'est autour de cette page, luisant d'un bordeau désagréable et flottant dans l'air, que je tourne en hurlant comme un hystérique depuis quelques pleines lunes. En éructant je ne sais quelles formules d'exorcisme. En me bourrant moi même les Giga et Terabytes d'une incantation démagogique qui brûlait à ma propre envie de m'effacer, de me fondre dans l'invisible, dans l'oubli.


Un monstrueux fichier .xdoc qui affichait les mots-clé de mon autodestruction, et se nourissait des bribes d'espoir survivantes dans mon esprit pour grandir encore et encore.



Elle est bel et bien arrachée cette page. Arrachée, décortiquée et tamponnée. Jugée "mauvaise" par mon bon sens.





Pourquoi Dieu est-ce que mon gestionnaire de tâches n'arrive pas à fermer l'application "remord" alors hein?

J'ai beau ctrl+alt+deleter à tout va, ctrl+f4iser de toutes mes forces, non!


L'affichage narquois du programme d'arrière plan reste là, bêtement, à tester mon impatience, à m'envoyer salves et salves de questions à la gueule!



Je devrais être content d'avoir eu cette corruption de disque, non?!


Seulement voilà, au fûr et à mesure que mon unité mère se remplit de pages grises, je constate aussi que certaines choses restent colorées. Et c'est là que ça merde. Parce qu'à l'avancement du processus, je me rend compte que ce sont les fichiers utiles qui commencent à partir de travers.



Pour pas dire en couille.



Il est déja trop tard. Mes dossiers corrompus ont pris le pas sur la carte-mère. Et au final, qu'est ce qui reste hein? Les débris semi-brûlés d'un slide-show inachevé. Juste assez jaunits que pour qu'on n'arrive pas à les regarder plus de 15 secondes sans avoir envie de vomir.



C'est tout.



J'ai été jusqu'à aller chercher dans le DOS. Remonter jusqu'à l'origine de la création, jusqu'à user d'une logique de calculs, comme sur mes feuilles de test de Math en réthos. À faire coucou à la raison, une raison qui me tourne le dos soit dit en passant.


Selon certains informaticiens, il est toujours possible de récupérer un disque, aussi corrompu qu'il ait pû être. Mais parfois, ça demande de ne garder que la coquille.



J'aimerais juste bien maintenant que quelqu'un prenne le temps de m'aider à remplire ma boite des quelques programmes de bases dont je pourrait avoir besoin. Et surtout, surtout, avant toute chose, qu'on m'aide à virer ces images qui ne partent pas, qui restent collées dans le fond de la mémoire, comme le vieux lacet sûre infâme au fond du paquet de bonbon. Celui qu'on aime pas, mais qu'on se pête le fion à essayer de faire tomber dans notre main moite en secouant le sachet, "pour pas gaspiller".




Enfin bon, pour revenir à nos moutons, j'envie les machines autant que j'ai parfois l'impression d'en devenire une. Mais il réside là le stûûût... car je n'ai pas encore choppé le bon aspect des machines. Celui qui fait qu'elles effectuent leurs calculs froids, inextriquables de leur structure cathédralesque dans laquelle se transmettent une multitudes d'informations, stériles et non-vivantes. J'envie leur manque de vie. Leur absence de vie pour être correct.



Et ça fait chier.




Ca fait chier de ne pas être capable de gérer sa mémoire. De ne garder en fin de compte que le mauvais, le pas appétissant, et, pire que tout, de ne pas pouvoir s'empêcher de feuilleter ces vieux fichiers avec une envie incontrôlable de formatage, avec une nostalgie mal placée.




Oui. Mendoksai.



Mendoksai indeed.




Parce que j'attend toujours la venue d'un software de gestion. Un CD-Rom salvateur qui me réapprendra à organiser mon TB déja trop remplis. Mon programme de nettoyage de disque. Et ce soft aura intérêt à être efficace...






...parce que, putain...









...le jour où on va défragmenter ce bordel......................................




mardi 9 décembre 2008

--- 42nd floor ---




These toys are all lifeless
The armor's worn off
The shadow of a shadow
Is the ghost of a bomb
Skyscraper standing
In a desert alone
A helicopter searchlight
Is searching for no-one





C'est une chose qui arrive.


(Mal)Heureusment...




Aux autres? Je ne sais pas.




Mais à moi bien. Comme si l'apathie ne suffisait pas.






Il faut dire que c'est particulièrement énervant, frustrant, et, n'ayons pas peur des mots, effrayant de voir les visages disparaitre. On regarde par dessus son épaule en s'attendant à voir un long couloir parsemé d'images. Des sourirs, des sensations, des endroits...


Puis on se retourne, et rien! Le couloir est là, les murs sont peints en diverses couleurs vives, les cadres sont là, la luminosité est digne d'un musée de cire, mais non. Il semblerait que la cire aie fondu et qu'elle se soit volontairement mélangé aux pixels et alternances chromatiques des images.




Et le résultat n'est pas beau à voir.




On pourrait appeler ça de différentes façons. Le syndrôme du Facebook traître? Le skyblog diabolique? Le Lumix FS-3 qui tue?




De nos jours ça fait scientifique à donf d'appeler une connerie "syndrôme". Celui de la jambe sans repos, celui de Stockholm, de l'X fragile, du bébé secoué, de Marfan, d'Asperger....j'en passe.




Comme j'ai tendance à dire souvent, BREF!



Qu'on appelle ça syndrôme, symptôme, maladie ou [insérer adjectif médical et scalpelique froid ici], pas la peine de pêter dans la soie et d'essayer de romantiser ça, C'EST VRAIMENT LOURD!




On se tisse une existence de combat, de déceptions, de reprise de confiance, d'acceptation, de remise en question, d'expériences, de concessions, de résignation, d'abnégation, et tout ça pour quoi? Pour ne laisser derrière sois qu'un musée de cire au soleil?




"Oui mais ce sont les souvenirs qui comptent" qu'ils ont tous tendance à dire.




Oulah.



Si je dois regarder derrière moi et ne chaque fois laisser qu'un amas de bougies colorées usagées, je vais finir par me mettre à chercher une façon de tailler mes souvenirs au marteau et au burin dans la roche plutôt que de les modeler dans une matière friable.





Bon allez, c'est bien de vouloir s'exprimer comme une chanson de Country mais y a des limites. Laissons de côté les analogies à deux balles et le dictionnaire de mots moyen-âgeux de côté juste ce soir. Essayons de rester pragmatiques et d'être clair.




En temps normal, feuilletter ses albums photos poussiéreux, c'est bien. Je dirais même plus mon cher Dupont, ceylebien! Mais là, je me suis rendu compte qu'il y a comme ça (oui je sais, le "comme ça" était inutile et Belgiciste, mais on s'en fout) des soirs où les choses ne sont pas aussi simples.



Il n'aura pas fallu bien plus qu'un visage familier. Un peu trop familier et à la fois pas assez. Un conflit entre la raison et les faits. Et c'est là que tout a dû partir en cojones.



Evidemment, d'un côté, ma raison, ma logique et toutes ces choses ennuyeuses me sifflaient à l'oreille que OUI, ton visage était familier. Evidemment qu'il l'était. Il a été mon quotidien plus d'une 482aine de jours.


Et à côté de ça, dans cette foire malvenue que peut devenir le lobe frontal de mon cerveau les soirs de grande débacle, une petite voix persistait à crier. Elle me hurlait que tes traits n'éveillaient pas en elle plus qu'un léger point d'interrogation.



J'ai pesé le pour et le contre, j'ai voulu suivre la logique, mais rien à faire. J'avais beau analyser les traits de ton visage, mesurer l'inclinaison de tes cils par rapport à la perpendicularité de ton sourire, effleurer les différences de pigmentation de tes fossettes de mes yeux, rien.




RIEN.



La chaleur avait disparu. La froideur aussi. Les échos de tes pleurs et tes rires avaient laissé place à une bouillabaisse imprécise de formes et de couleurs.


Pour être précis, l'image était la même que dans mes souvenirs, ou plutôt dans ce que ma mémoire m'envoyait comme information sur l'image que j'aurais dû avoir. Mais malgré celà, ce n'est pas toi que j'avais l'impression de voir.



Je te regardais sans te regarder. J'essayais de me prouver que mon esprit me jouait des tours, de me souvenir de quelconque anécdote croustillante sur nos interactions journalières, et anécdotes il y eût. Mais tout comme les images, les faits étaient flous. Clairs, mais flous.



J'avais l'impression que mon esprit, quoique plus lucide qu'à l'habitude, s'efforçait à gruer seul dans une mer sourde d'images et de sons, essayant tous de se surpasser les uns les autres, pour au final ne plus donner qu'une cacophonie dégueulasse.








Et au final qu'est ce que je peux vraiment retenir de cette histoire? Une impression de t'avoir connue puis oubliée? De ne t'avoir jamais connue? De te connaître mieux que jamais? De n'avoir jamais essayé de te connaître? Ou d'en avoir trop fait?




J'ai beau fixer, rien ne réapparaît. Je ne m'attend pas à la multiplication des pains ou à l'apparition de Sainte-Gertrude des Batignolles sur la Grand Place, un simple frisson m'électrocutant la collonne me suffirait.


Ôh oui, cela me suffirait grandement.




Parce que quoiqu'on fasse, au final, le résultat est le même. On peste sur tout et rien, on joue notre Don Quichotte et déplore la faculté des gens d'oublier les gens, on est nausées et dégouts, mais on ne vaut pas mieux. Avec la meilleur volonté du monde, on finit par se rabaisser au niveau de tout ce qu'on exècre.



Et pourtant, tu n'imagine pas le bien que cela pourraît me faire d'avoir réminiscence, ne fût ce que de la plus petite étincelle du passé. Le feu est éteint et les braises dispersées, et ce n'est pas plus mal comme ça. Mais si tu pouvais rebriller ne fût ce que l'espace d'une seconde, comme une étoile agonisante poussant sa dernière éruption de lave afin de se montrer une dernière fois dans un ciel arborant de moins en moins d'astres, cela m'arrangerait. Cela me donnerait une certaine motivation à me lever demain.






Demain.






Comment encore arriver à comprendre ce mot. Hier était une pile d'images. Aujourd'hui n'est qu'une impulsion nerveuse, un spasme. Demain est une boite vide, une ligne de code pas encore encodée.




Comment voulez-vous encoder le scénario de demain si l'impulsion nerveuse d'aujourd'hui se fait de plus en plus faiblarde à cause des images d'hier perdant de leur clareté et de leur rayonnement?





Alors je t'en supplie. Soit électro-cardiogramme. Ho, je ne te demande pas de crier. Ni même de réapparaître devant moi. Je ne te demande pas de te manifester de la moindre façon, seulement de refaire surface dans ces archives. Mes archives. Tu pourra repartir tout aussi sec. D'ailleurs, je ne voudrais même pas que tu reste.




Non, rester ferait à nouveau durcir les couleurs, mais cette fois, le mur risque bien d'être dominé de pourpre. Alors contente toi d'apparaître brièvement. Comme un diable sortant d'une boite.



Gifle moi de toute ta puissance.




Fais moi mal!




Fais moi saigner, et embrasse ma plaie.




Puis disparaît, pour de bon cette fois.






Au moins, le matin, je pourrai poser le pieds. Pas simplement le lancer dans le vide en me demandant chaque fois si il va croiser le fer avec ce sol en vinyl laqué...ou non.



Au moins, je saurai pourquoi je me bats.



Au moins, je me souviendrai du pourquoi du comment.





Parce que là, tout est aussi vide que ta photo. Plus aucun discernement, du bon, du mauvais. Plus qu'une pâte chromatiquement indéfinissable.




Allez s'il te plaît. Arrête de sourire comme ça! Tu sais que ce sourire me fend le coeur. Stoppe ça de suite. Tu es peut-être belle, mais tu n'en est pas moins sourde et inexistante. Du moins maintenant.

Je ne te demande pas de faire revenir la couleur. Je te demande juste de les réassembler de façon logique afin que je puisse y voir quelque chose.




Une chose à la fois. Réassemblons d'abord les images. Photoshoppons les souvenirs. Repixelisons les pour y voir clair.




Et seulement après, j'aurai la paix. Ou un semblant de paix.






Ou du moins, je pourrai enfin verser une larme, esquisser un sourire.












Et en fin de compte, à qui est-ce que je m'adresse moi?








Et qu'est ce que je fous là? Où sont passés les verres de whisky et la musique?








Et qu'est ce que c'est que cette vieille photo jaunie? Oui d'accord elle est attirante, mais bon, ça va pas ramener ma bibine.










Quelqu'un comprend quoique ce soit?










vendredi 5 décembre 2008

Get some other diamond sparkling




And the neck her head's on is a tunnel of dawn
But darkness will come
But darkness will come
For sure, it's gonna come



Un jour, je serai rationnel. Rationnel et un peu con.


Un jour, tu n'aura plus aucune raison de me balancer à la figure tous ces cocktails-molotovs de mots acidulés qui affichent fièrement l'étiquette Copyrightée de ton nonsens.


Ca me rappelle la fois où tu avais décidé qu'il était temps qu'on reprenne les choses où on les avait laissées. Belle erreur de ta part. Tu n'avais probablement pas remarqué que les trous dans la route n'avaient pas encore été repavés par les ouvriers communautaires. Je pense même d'ailleurs que tu t'es toi-même servie de cesdits pavés pour exploser sans la moindre vergogne les vitraux que je t'avais fait composer.


Tu sais, ces vitraux couleur pourpre et haine. Ceux qui laissaient à peine transparaître la lumière la plus vive. Ceux qui à la base avaient été dessinés pour devenir des magnifiques oeuvres d'art lumineuses et pleines d'étoiles, et qui au fûr et à mesure de notre combat se sont transformés en portes sombres dignes d'un petit enfer personnel. Pas l'Enfer avec un E majuscule, mon enfer.


Au moins, l'Enfer, celui dont parle la Bible, cet Enfer là est chaud et vivant. Au moins, on y ressent haine, souffrance et rancoeur. Je voudrais bien voir le Linceul du Christ se retourner dans sa tombe si je devais d'une façon où d'une autre remplacer l'Enfer par MON enfer. Celui où rien n'est ressenti. Où on ne ressent ni brûlure, ni carresse divine.


Mais bon, je m'écarte du sujet, je m'écarte de notre guerre.



Je ne sais pas ce qui m'a pris le jour où j'ai décidé de te faire un cadeau d'une telle ampleur. Par moments, je me demande même comment j'arrive encore à me regarder dans un miroir de t'avoir offert ces perles liquides et ô combien précieuses à TOI. Tu devais être dans un de tes bons jours. Tu devais m'avoir couvert de miel et caressé mes sens d'appâts.


Pas même le moindre appât empoisonné. Non. Des appâts. Ce que les vers sont au poisson et à la canne à pêche.


Seulement j'ai un doûte. Mais alors un solide! Durant cette espèce d'erreur, de manifestation de médiocrité qu'étaient chacune des secondes qu'on passait ensemble, étais-je bien le poisson? Où alors étais-je l'appât? Celui qu'on perce mécaniquement, sans aucune envie de faire souffrir, d'un coup sec d'hameçon. Celui qui n'est qu'une étape dans le rituel de pêche.


Une chose ne laisse pas l'ombre d'un doûte, tu étais bien la canne.


Oui, j'étais l'appât. J'étais moi même l'appât avec lequel tu t'es amusé à carresser mes sens. J'étais l'instrument de ma propre perte, le AK-47 pointé sur mon sternum, avec comme principale poudre à canon tes mots acidulés et tes airs angéliques.



Cela était évident, le jour où tu m'a abandonné dans ce trou noir au dessus duquel je flottait déja depuis des années, ce jour maudit où tu a détaché mes doigts un-à-un de la maigre branche à laquelle je m'agrippait, en te gaussant de façon vomitive, ce moment aurait dû être ton dernier coup de feu.



Mais non.



Comme toujours, il y a un "mais non".



Et ici intervient le "mais non".



Donc non, ce ne le fût pas le dernier coup de feu. Tu avais juste détourné mes yeux de la situation pour un petit temps. Juste le temps que mes doigts gourds puisent suffisament de force pour me tirer en rampant du gouffre béant dans lequel j'étais tombé, sans même arriver à exprimer la moindre anxiété quant à l'avenir et à la conséquence de ma chute. Juste en pleurant. Comme un nouveau-né qui pleure sans savoir pourquoi, alors qu'il est pourtant clair, grâce aux effluves environnantes, qu'il vient de se chier dessus de toutes ses forces.


Tu m'avais laissé ramper hors de mon trou, pas pour m'observer de ton estrade avec un regard plein de haine ou de ces conneries qu'on raconte dans les films où il y a un méchant vraiment TRES sadique. Non, tu étais simplement partie déjeuner.


Tu étais partie déjeuner parce que tu t'étais dit que tu n'aurais pas le courage d'attendre que je remonte la pente pour mieux m'achever en ayant l'estomac vide.


Et quand tu m'a apperçu, baignant dans une mare d'incompréhension et de fatigue, à ce moment précis où tu aurais pû te contenter de m'achever d'une salve dans les vertèbres cervicales, tu n'a rien fait.


Tu es resté assise, m'observant, m'analysant. Ou en fait non. Tu regardais au travers moi. Comme si tu me cherchais. Comme si tu ne voyait qu'un amas de formes disgrâcieuses se débattre pour Dieu sait quelle raison. Pas méchamment, pas cruellement, pas sadiquement, ni fébrilement et encore moins avec quelque remord caché. Non. Comme si tu me cherchais dans ce brouillard que j'inhalais et qui me faisait fondre de l'intérieur un peu plus chaque seconde.


Et c'était bien ça ton problème. Tu n'étais pas méchante, mesquine, cruelle ou quoique ce soit. Tu n'étais rien. Tu n'étais qu'une forme. Un reflet... le reflet de mes erreurs.


Lorsque j'ai enfin trouvé le peu d'énergie restant au fond de moi pour crier, une dernière fusée d'alarme est montée dans le ciel. J'ai donc hurlé. Hurlé comme un tourbillon sifflant à quelques centimètres de tes oreilles. Un tourbillon au coeur duquel virevolteraient des centaines de lames de rasoir affutées prètes à te déchirer la face de la façon la plus immonde qui soit. Pas hurlé des mots, pas d'appel à l'aide ou d'insulte, juste hurlé.


Et comme à ta bonne habitude, tu n'a pas réagis. Ou plutôt si. Tu a eu un semblant de compassion dans le fond des yeux l'instant d'une seconde. Mais ce qui aurait dû exhorter en toi quelque chose de productif, de salvateur, n'a motivé qu'une simple remontée acide.


Tu a régurgité. Ce déjeuner crapuleux que tu t'étais empiffré pour reprendre des forces pendant que je me battait corps et âme pour me sortir du trou dans laquel tu m'avais laissé, tu m'en a fait voir la couleur de très près. Tu a tout remis à côté de moi à la seconde où j'ai eu fini de crier. Tu t'es éloignée dans le bleu marine qui tapisse cette "route" en laquelle tu aime croire. Celle qui t'éloigne de moi.




Oh mais je sais qu'un jour où l'autre, je finirai par te recroiser. Je sais que même si je reprend des forces, que même si un jour je me relève et me remet à suivre une route, tu réapparaîtra. Sous une autre forme, ça c'est quasi-certain, mais tu réapparaîtra.


Je me plaisais à croire que tu n'étais qu'éphémère, et je le crois d'ailleurs toujours, mais assez bizarrement tu semble apprécier ma compagnie.


Et à chaque fois, tu juge bon de reprendre les choses où on les avait laissées. Et à chaque fois, la boucle se boucle... le cycle se répète... le soleil se couche.



Ce qui est bien, c'est que pour une fois j'ai l'impression de ressentir une onde positive: j'ai l'impression que les nuits raccourcissent.



Techniquement, le seul problème, c'est que je devrais sérieusement arrêter de parler de toi, de te haïr. Je ne fais que me haïr moi par conséquent. Et ça c'est pas top.



En fin de compte, tout se mélange. Je n'ai plus aucune notion de toi, de moi, de haine ou d'amour. Tout n'est plus qu'une mixture pâle et visqueuse dans laquelle évoluent des organismes divers et bruyants. Une sorte de mousse dégueulasse dans laquelle on se débat, mais qui semble pas vouloir lâcher nos membres embourbés.



Allez, pas de panique. T'en fais pas. Non. S'il te plaît, ne te met pas à pleurer en plus de ça, je pourrais pas le supporter.


Une larme de plus, et je risque bien de t'arracher le visage.


Toi ou quelqu'un d'autre, peu importe.


Ce qui importe, c'est que je réalise que tu n'es pas importante. Pas SI importante du moins. Parce que cette concoction putride et collante qui m'empêche d'évoluer comme je le voudrais, tu n'en es rien d'autre qu'un des ingrédients. Ce n'est pas toi qui porte la toque dans l'affaire. Tu n'es rien d'autre que le liant qui permet à cette soupe illogique dans laquelle on nage tous d'attraper de la consistance et de m'empêcher de bouger.



On s'en fout de qui cuisine. Je te vois déja venir, à poser cette question en faisant grossir les tranchées de ton front. Tout ce qui compte, c'est que nous ne sommes que des ingrédients. Certains, comme toi, immatériels et intemporels, d'autres, comme moi, indomptables et imprévisibles.





Après que la pâte soit tombée et qu'on aie évacué les vapeurs de cuisson, je ne retiens même qu'une chose, une seule envie. La prochaine fois que tu tournera les talons pour aller déjeuner, je viendrai avec toi.


Et nous déjeunerons ensemble. Nous nous délecterons de tous les vices possibles sans plus nous soucier du reste, qui sait, peut-être au détriment d'un nouvel appât. Tels deux Dieux déchus, nous nous haïrons en silence, en nous flattant tous les sens possibles, sans jamais nous regarder.



Et puis nous attendrons. Nous attendrons l'avènement d'une lumière nouvelle...



...ou tout simplement, nous attendrons le prochain repas.








Alors maintenant vas y, take your best shot. Fais moi plaisir, redemande moi de reprendre les choses au début. Et cette fois ci, je ne hurlerai plus. Je ne te ferai plus construire cathédrales et vitraux. Je ne te laisserai plus me précipiter dans ce trou sans fond(ements).



Je te regarderai. Dans les yeux. A travers tes yeux. Avec le même air niais avec lequel tu avais l'habitude de me regarder pendant que tu me déchirais la chaire.



Je te regarderai sans sourire.




Et tu comprendra.




Et nous passerons directement à table.







mercredi 3 décembre 2008

Shepherd's pie... Yummy?!



What's the deal with my brain?
Why am I so obviously insane?
In a perfect situation
I let love down the drain.



Pourquoi toujours être obsédé par l'horizon?



BON!


L'éternelle question à deux balles quand on a les neurones qui pétillent et que les doigts se mettent à tapotter sur l'Azerty: À quelle personne je vais adresser ce texte?


À la première? Trop banal, pas assez subtil...

À la deuxième? Trop émotionnel, trop "cliché"

La troisième? Beaucoup trop mathématique et froid!


Et je ne développerai même pas le pluriel!!!!


Alors quoi bordel? (aussi connu comme AQB, l'équivalent Français du fameux WTF)




BREF!



Ne criez pas de suite à la simple question sans queue ni tête et qui ne sert à rien sinon à faire une tentative éhontée de sonner "intellectuel"



C'est juste qu'il y en a sérieusement marre!!!



On lime de partout. On arrondit les bouts. On recouvre les coins de cahoutchouc protecteur. On poli. On soude. On fabrique de jolis artéfacts insipides et sécurisants....


Un jour peut-être, les scientifiques les plus érudits de la planète trouveront un moyen de donner aux océans une couleur "terre sabloneuse" ou, pire encore, donner à nos champs et forêts une couleur "océane". Et au risque de tomber dans le Kubriquesque, avec un peu de pot, on se retrouvera sur une planète goudronnée de toute part à se baigner dans une mer tout aussi peu poétique, d'une couleur que stylistes et autres mages de la cosmétique se plaîront à dénomer "vert-de-gris"...


MON CUL....on parle de gris-de-chez-gris-de-pas-pour-rire ici!


J'ai toujours voulu éviter de pousser ma gueulante sur le fait que "haaaan le monde craint paskil est vraiment pas original et que tout le monde il fait le mouton", parce que bon, ma période Punk est passée. Puis en achetant mes jeans chez Celio et en ayant succombé à la mode qui impose un mode de vie feng-shuikea/sushi pour faire sophistiqué, ce serait plutôt hypocrite...



Toujours est-il qu'il y a des jours où ce troupeau me rend malade! Mais VRAIMENT malade! Malade comme dans "je vomis ma vésicule biliaire"!!



Ok, je veux bien admettre, tous les goûts sont dans la nature. Ok, oui, la tolérance est une vertu noble et enrichissante. Mais bon, y a des limites...


J'aurais bien voulu vous y voir si les Yankees avaient refusé de botter le cul à Adolphe au nom de la tolérance et de la liberté de pensée!



Parce que là ça prend des proportions Dantesques, et je vais pas y aller de mon petit listing inventaire, ou je risque d'attraper des cloches aux doigts (ou plutôt des doigts à mes cloches) mais...bon...y a aimer et aimer!


On aime le RnB parce que la vibez est flex dans la groovedown du dancefloor, la techno parce que l'alternance basse-"charley" propose une rythmique aisée à assimiler pour le jump ou la tektonik sans risquer de se viander (même si on a l'aisance d'un otarie), le pop-rock parce que les mélodies catchy nous rendent heureux les jours où on est tout sauf ce que l'on aimerait être, et qu'en plus de ça les paroles sont pleines d'optimisme et les refrains faciles à mémoriser, les slows parce que ça nous permet d'enrouler facile, le néo-black-metal scandinave parcequ'il y a beaucoup de "FUCK" dans les lyrics et que ça fait rebel auprès de Mamy et qu'en plus de ça, la cacophonie produite par nos écouteurs surpasse celle du voisin hip-hopeux dans le bus "juste paskeçalfaitchier l'rappeur", le free-jazz parce que ça fait très sophistiqué à écouter dans la voiture quand on fais BoB pour des amis, le hip-hop parce qu'écouter ça implique qu'on est quelqu'un de dangereux qui takes no shit from anyone dans ta benz benz benz et que ça attire les filles un peu voyantes, etc...


On regarde des comédies parce que c'est la seule façon qu'on aie de sourire quand on vient de se faire jarter par son(sa) copain(ine), des drames pour feindre quelques larmes au cinéma pour A) enrouler la fille à côté de sois en se faisant passer pour un mec sensible / B) enrouler le mec à côté de sois en se jettant dans ses bras au moment le plus triste du film, des films d'horreur pour CFR Drames, des documentaires pour avoir des anécdotes croustillantes sur la migration des poulpes Portuguaises vers les Açores, idéal à placer en plein dîner mondain pour avoir l'air de quelqu'un de cultivé, etc...


On largue son copain sous prétexte qu'il n'est pas assez attentionné ou démonstratif sans prendre le putain de temps d'analyser la situation un peu plus en profondeur et de vraiment prendre en compte ce qui est réellement important. Et au final, on finit par le remplacer par le premier abruti venu, après s'être fait manipuler comme un putain de joystick SNes, abruti qui HEUREUSEMENT, nous apporte ces susmentionnées (ou pas...) valeurs superficielles que nous recherchions. Qui d'un "ôh mais comme tu es sexy dans mon maillot de basket-ball", qui d'un bisou dans le cou accompagné d'un mot doux à la fin du slow, qui d'une putaine de rose mensuelle qui prouve à quel point on pense à elle. Il est pourtant EVIDENT que si on glisse le bisou dans le cou 14 secondes après la fin du slow, que si durant un mois de fatigue ou de stress on est un peu moins attentionné, que si on ne place pas LE compliment idéal AU BON MOMENT Chronomêtré avec montre Suisse, BREF, il est évident qu'à une telle bourde, c'est la preuve irréfutable qu'on n'aime pas du tout la personne!


MAIS BORDEL DE MERDE!!!!


Et les sacrifices? Et les nuits blanches? Et les aides diverses pour des choses pas spécialement romantiques ou dignes de Titanic mais qui étaient bienvenues sur le moment? Et les gestes un peu moins évidents, les signes un peu plus subtiles? Ca vaut pour de la fiente de hyène?


Bon OK, ce sont mes valeurs, et je suis sur que 90% des gens me diront que j'exagère, que "ce qui est important pour moi ne l'est pas nécéssairement pour quelqu'un d'autre" blaaaablabla! OK, j'admet.


Mais quand même.


Je suis peut-être le dernier des cons, et je veux bien signer en bas du papier pour le reconnaître. Mais quand même... mes valeurs ne sont pas universelles mais y a des jours où je me demande si les gens se surprennent parfois à ENVISAGER de PEUT-ÊTRE EVENTUELLEMENT UN JOUR après MOULTES REFLEXIONS gratter la couche dure, brûlée et pas hyper ragoutante qui recouvre la crême aux oeufs pour voir ce qu'il y a en dessous!



On pourrait croire que voila, ce qui a commencé comme un coup de gueule générale tourne en vieux coup de rancune envers une expérience passée (et ce serait bien légitime de le croire), mais en fait non.



Tout comme Robert, j'illustre.

J'illustre avec beaucoup d'amertume le Petit Larousse de la superficialité, de la simplicité omniprésente, du goût pour l'insipide, de la culture de la surface.
Le bonheur à la porté des caniches. Les émotions entre guillemets faciles. La beauté évidente. Les engrenages froids de la logique d'un plaisir décérébré et sans goût, cyclique, redondant.
Le Septième Ciel préfabriqué, préliophilisé, préemballé, prémaché, prédigéré, prédéfèqué, prétorché, préchassé, prérecyclé, précartonné, préemballage, préfabriqué, préliophilisé, préemballé...et ça peut continuer très longtemps.
Votre putain de sourire manufacturé par une poigné de spéculateurs boursiers, de responsables marketings et de deux trois gérants de succursale. Le tout fistfucké à sec dans votre conscience, sans broncher. Vous voilà trademarké.
L'emballage emballé!!!!!!


Encore une fois, je me répète:

- NON, je ne fais pas exception. OUI, je cède à MacDonald's, Starbucks, Kinepolis Group, Japanophilie, MMORPG, Industrie du disque et consorts. Je ne pète pas plus haut que mon cul et ne prétend pas être mieux que les gens.

- OUI, je sais: crier très fort que les gens autour de nous sont un troupeaux de requins frayants dans les gris pâturages pour se repaitre de profits, de villas à la mer, de labradors et de téléfilms du Dimanche, être scandalisé par cette tendance à suivre la masse n'est qu'une façon en soit de suivre une masse, plus petite certe, mais une masse quand même. Une masse de frustrés pseudo-révoltés et anarchiques de salon qui n'a de contres-idéaux que pour se donner un genre.



Je sais. Mais au moins, j'essaie de gratter la croûte. Et comme toute croûte qu'on gratte, ça saigne.


Certains penseront que ce sont justement les plaisirs simples qui nous permettent d'atteindre ce putain de Nirvana. Et avec ça, je suis d'accord!

Alors pourquoi essayer à tout prix de plonger dans des abysses interminables de raisonnements sans fin, de touche-à-toutisme maladif, de pseudo-révolte pseudo-dépressive pseudo-intellectuelle?



Et bien ça j'ai réalisé il y a peu. Oui, très peu.


Après une nuit agitée peuplée des habituelles chimères et animée des rituels remoux ancestraux, après un café-bus 820-bus 84-derniers instants de paix dans le vestiaire, après moultes "et si", il a suffit d'une chose! Une effluve... une senteur... un simple amas d'atomes venant effleurer mon système nerveux endolori et fatigué.


Et là (comme souvent), le déclic. Un déclic de plus qui me permet de m'approcher de mon idéal à moi. Celui que tout le monde redoute, dont personne n'arrive à apprécier la réelle valeur.



Parce qu'après tout, suivre le chemin est ennuyeux, oui. Mais il ne faut pas croire, s'aventurer dans les hors-pistes brousailleux n'est peut-être pas aussi répétitif que la voie balisée, mais c'est solidement déprimant et déstabilisant. Et puis voilà, cette fameuse effluve salvatrice, rédemptrice, on peut y aller de tous les synonymes.... et voila.



Voilà le panneau... ce petit plan balisé. Ce chemin goudronné parsemé de bancs et autres aires de repos, qui suit une trajectoire bien souvent droite, parfois courbe. Cette route qui nous tend l'alternative du chemin boueux à intervalles réguliers, fébrilement, avec l'arrogance d'un enfant en plein complexe d'Oedipe qui défie son parent du même sexe. Ce tracé qui s'écoule comme un courant électrique et qui nous laisse le choix d'être bipolaire ou triphasé, de parfois sauter les plombs, au mieux de se décharger sur une paire de doigts insouciants, mais de toujours revenir nager dans le juste flux des choses. Ces pas que l'ont fait en regardant l'horizon, mais sans jamais perdre du coin de l'oeil les quelques bâtisses qui longent la route, en ruines ou non.



Parce que ce n'est qu'en prenant régulièrement le temps d'analyser l'alignage des bouleaux par rapport à l'asphalte, ce n'est qu'en observant la qualité du ciment qui consolide les maisons mitoyennes, en se penchant au puit pour aller en relever l'état de sècheresse et se demander ce qui a bien pû faire qu'il soit vide une saison trop tôt...


Ce n'est qu'en balayant du pied les feuilles mortes qui jonchent la route pour en jauger la qualité du goudron qu'on se surprend de temps en temps à apprécier la légère brise qui nous parcours alors les nervures de la peau...



...et à regarder bien en face le soleil qui nous brûle l'iris...





Vous voulez toujours crier au révolté hystérique sans aucun argument?


Be my guest. You want fries with that?


C'était d'ailleurs mon but.


Je suis d'ailleurs même certain que vous n'êtes plus là.


Mais ce n'est rien...





Je serai le premier à vous pointer du doigt le jour où vous crierez. Je serai à vos côtés, lorgnant sarcastiquement sur vos tripes fraîchement régurgitées, baignant dans la révolte.




Je serai là, feignant la compassion...



...arborant mes chaussures de marques et ma gueule de Che sans barbe...



...crachant à votre face ma démesure et mon incompréhension pour encore mieux vous déstabiliser.








Ha ben là ça va mieux tiens. Merci, j'en reprendrai bien une tranche demain.